© sxc.huL'agence du médicament (Afssaps) et la société Ciba Vision invitent les personnes ayant acheté un flacon de solution d'entretien pour lentilles de contact Solo-Care Aqua entre le 25 et le 30 août à ne pas l'utiliser et à le rapporter chez l'opticien pour un échange, en raison "d'un possible acte de malveillance".
La société CibaVision déclare avoir été informée d'une "possible action malveillante qui consisterait en la dégradation volontaire du contenu de 85 flacons de la solution d'entretien Solo-Care Aqua entre le 25 et le 30 août, dans certains magasins des enseignes Krys, Vision Originale, Atol et Optical Center" et Optique Jardin. Des analyses sont en cours sur les produits incriminés, selon Le Parisien.
La Milice de défense des droits des animaux (Animal rights group), un groupe anglais, a revendiqué cette action sur Bite back, un site internet basé aux Etats-Unis, a précisé le parquet de Paris. "Dans chaque flacon, du péroxyde d'hydrogène (eau oxygénée, ndlr) a été ajouté à l'aide d'une petite seringue. Ciba Vision et Novartis doivent ressentir la douleur des animaux qu'ils tuent au HLS (Huntington life science)", précise le communiqué. Le HLS est un centre de recherches basé au Royaume-Uni où des tests sont menés sur des animaux. La section antiterroriste mène une enquête préliminaire sur cette affaire.
Consulter un médecin
"Malgré l'absence de preuve formelle d'un tel délit", CibaVision déclare dans un communiqué avoir décidé de rappeler les produits "par précaution". La société invite les consommateurs ayant déjà acheté un de ces flacons "à ne pas l'utiliser et à le rapporter dans son magasin d'origine pour un échange". En cas d'irritations oculaires inhabituelles après l'utilisation de cette solution, la lentille doit immédiatement être retirée, l'oeil rincé abondamment à l'eau claire et il faut rapidement consulter un médecin, ajoute l'Afssaps.
Le Parisien précise que l'organisation à l'origine de cette alerte est classée "écoterroriste en Angleterre". Elle lutterait contre "le massacre des requins et espèces protégées. Ses membres utilisent des méthodes chocs contre les laboratoires ou les compagnies internationales qui s'attaquent à ces animaux". Sur Back Bite, un deuxième communiqué datant, comme le premier, du 28 août, revendique la contamination de solutions antiseptiques Savlon, également produites par Novartis, dans le Nord de la Grande-Bretagne cette fois. Les produits ont été retirés de la vente.
Greenpeace commente
Habituée aux opérations coup de poing, Greenpeace rejette toutefois tout recours à la violence, "sur les personnes ou les biens matériels", explique à LCI.fr Yannick Jadot, directeur des campagnes de l'organisation. "On peut aller parfois dans la confrontation dure mais jamais en mettant en danger la santé des salariés et des consommateurs", assure-t-il. "Nous chercherons plutôt à bloquer l'activité de l'entreprise pour la forcer à réagir".
Le militant cite un exemple : "Lorsque nous mettons un étiquetage OGM sur des produits dans les supermarchés, nous ne dégradons jamais les produits, surtout si cela devait générer un risque pour les consommateurs". Il ajoute que Greenpeace "agit toujours en parfaite visibilité, avec la maîtrise des effets de ses interventions". Et de conclure : "Prendre les gens en otage, c'est déplacé".
La SPA condamne
La Société Protectrice des Animaux (SPA) a "condamné" samedi les "pratiques extrémistes" du groupe anglais. Dans un communiqué, elle souligne qu'elle "ne peut que condamner de telles pratiques, extrémistes, en faveur des animaux". "La SPA n'a jamais et n'encouragera jamais des actes qui desservent notre cause", souligne sa présidente, Caroline Lanty. Elle "a toujours été l'interlocuteur privilégié des pouvoirs publics" et son action s'inscrit "dans un cadre légal : justice, lobbying, dialogue", ajoute Mme Lanty.
"Nous regrettons que de telles pratiques soient mises en place par certaines organisations. Cela dessert la cause que nous essayons de promouvoir", ajoute la SPA. Elle souhaite que "le sujet de l'expérimentation animale soit abordé rapidement afin que les méthodes substitutives et alternatives bénéficient des crédits nécessaires."
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