Collision au large d'Ouessant © TF1/LCI
Les précisions de la préfecture maritime Brest
Moins de 24h après l'accident, le cargo l'Ocean Jasper suspecté d'avoir provoqué le naufrage du Sokalique, qui a fait un mort vendredi, a été dérouté par la marine française vers Brest, où il était attendu dans la nuit de vendredi à samedi. Il était 3h30 vendredi matin lorsque les sept hommes du navire de pêche de 20 mètres ont déclenché la balise de détresse, alors qu'il se trouvait à une centaine de kilomètres au nord d'Ouessant.
Le navire de commerce et le chalutier déroutés sur zone ont alors retrouvé un premier radeau de survie, avec six hommes à bord. Les marins, vivants mais très choqués, ont été hélitreuillés et conduits à l'hôpital de Brest. Un hélicoptère Super Frelon a survolé la zone à la recherche du 7e homme. Vers 4h50, le second radeau a été découvert vide. Le corps sans vie du marin-pêcheur a été récupéré peu après. Selon le Comité des pêches du Nord-Finistère, il s'agirait du patron du Sokalique.
"Des traces de peinture suspectes sur sa coque"
Leur bateau de pêche est probablement entré en collision avec le cargo dérouté, battant pavillon des îles Kiribati, selon le procureur de Morlaix. Les rescapés de l'accident "ont fait état d'un choc dans la nuit", a précisé vendredi le procureur. Cinq navires ont été identifiés sur zone au cours de la jorunée, mais selon les enquêteurs, deux "étaient plus particulièrement suspects d'êtres impliqués dans une collision éventuelle". D'après le procureur, "plusieurs éléments permettent de soupçonner" ce cargo qui faisait route vers la Turquie, immatriculé aux îles Kiribati et qui est armé par une société turque. Toujours selon le magistrat , le vraquier "a eu un comportement suspect peu après l'accident". Pour le procureur "il y a délit de fuite", mais il a précisé qu'il n'y avait "pas encore d'information judiciaire ouverte".
Par ailleurs, "des traces de peinture suspectes sur sa coque" ont été constatées par une vedette de la gendarmerie maritime qui s'est approchée assez près du bateau pour faire des photos et des films. Le commandant du cargo a "reconnu être impliqué dans une collision" avec le Sokalique, selon le procureur. Le Premier ministre "s'associe à la douleur de la famille" du marin tué et adresse "toute sa sollicitude" aux "autres marins du bateau".
La colère des pêcheurs bretons |
"Il y a toujours un risque en mer, mais aujourd'hui il y a de moins en moins de civisme. Les gens ne s'arrêtent pas. On perd un gars, on aurait pu en perdre sept !", s'est insurgé Jean-Jacques Tanguy, président du comité des pêches du Nord Finistère. Pour André Kermoal, matelot à bord du chalutier qui a récupéré le corps du patron du Sokalique, "ce qui s'est passé est écoeurant". "Le rail d'Ouessant (ndlr: dans la zone où a eu lieu l'accident) est un endroit où il y a beaucoup de passages, beaucoup de cargos, mais ce n'est pas dangereux à condition qu'on respecte les règles", estime-t-il. |
Avec Agence
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