L'Ocean Jasper a-t-il réellement appelé les secours ?

le 20 août 2007 à 20h42 , mis à jour le 20 août 2007 à 20h56

Les autorités doivent obtenir l'accord des îles Kiribati pour juger l'équipage du cargo, soupçonné d'avoir provoqué le naufrage qui a tué un marin vendredi.

TF1 / LCI Ocean JasperOcean Jasper © LCI

"A notre niveau, nous n'avons rien reçu". Le Centre Régional Opérationnel de Surveillance et de Sauvetage d'Ouessant (Cross Corsen) a sérieusement mis à mal la version du commandant et du second de l'Ocean Jasper, qui avaient affirmé aux enquêteurs avoir appelé les secours après la collision qui a entraîné vendredi le naufrage du caseyeur Sokalique.

"Il se peut qu'il ait appelé, mais nous n'avons rien reçu. C'est à l'enquête de le déterminer" a déclaré un officier du Centre régional opérationnel, qui a en outre affirmé que l'Ocean Jasper n'avait pas répondu aux appels lancés par le Cross aux navires se trouvant à proximité de la zone du naufrage.

"Il aurait dû  persévérer, rappeler"
 
Soupçonné de délit de fuite, le commandant azerbaidjanais de l'Ocean Jasper avait affirmé, lors de sa première audition samedi par les enquêteurs français qu'il avait "fait appel au Cross Corsen" après l'accident, selon le procureur de  la République de Morlaix Laurent Fichot. "S'il avait appelé, et que son appel était resté sans réponse, il aurait dû  persévérer, rappeler, il aurait pu nous joindre par telex", a martelé l'officier du Cross Corsen. Le procureur a indiqué lundi soir ne pas être en mesure de confirmer cette  information immédiatement, dans l'attente des résultats définitifs de l'enquête  ouverte sur ce point précis. "Les enquêteurs doivent écouter les enregistrements  du Cross", a-t-il précisé.

La France négoçiait lundi soir avec les îles Kiribati pour pouvoir juger l'équipage dans l'hexagone. En vertu de la convention de Montego Bay sur la circulation dans les eaux internationales, la France serait en effet obligée de laisser repartir le cargo immatriculé aux îles Kiribati, si les autorités de ce petit Etat du Pacifique ne renonçaient pas à  leur droit de juger elles-mêmes l'équipage. Par ailleurs, le président du tribunal de commerce de Brest a rendu lundi une ordonnance autorisant la "saisie conservatoire" du cargo. Cela signifie que l'assureur du cargo devra présenter une garantie bancaire de 450.000 euros correspondant à la valeur assurée du Sokalique (lire notre article).

D'après agence

le 20 août 2007 à 20:42
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