Le ravisseur présumé d'Enis s'était fait prescrire du Viagra

le 18 août 2007 à 07h55 , mis à jour le 18 août 2007 à 21h25

A sa sortie de prison le 2 juillet dernier, l'homme de 61 ans avait indiqué à ses médecins qu'il voulait avoir des relations avec des femmes.

Francis EvrardFrancis Evrard © TF1/LCI

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L'avocat du prévenu

Nouvelle révélation dans l'affaire du petit Enis. Francis Evrard, le pédophile âgé de 61 ans, a été arrêté mercredi soir à Roubaix avec une plaquette de Viagra entamée en sa possession. Une enquête est en cours pour déterminer si ce médicament contre l'impuissance masculine lui a été prescrit par un médecin de l'établissement pénitentiaire de Caen où il était détenu, comme il l'a affirmé aux policiers lors de sa garde à vue.
  
"Si cela est avéré, c'est totalement scandaleux quand on connaît le profil de cet homme", a déclaré l'avocat du père d'Enis, Me Emmanuel Riglaire. Il a jugé cette prescription médicale incompréhensible, alors qu'"aucune femme ne venait rendre visite en prison" à Francis Evrard et que ce dernier n'a "jamais bénéficié de parloir famille".  La famille d'Enis est  "profondément écoeurée et consternée qu'il puisse avoir été prescrit du Viagra" à cet homme. "On marche complètement sur la tête", a-t-il ajouté, en assurant que  l'ordonnance a été délivrée en détention. "On a l'impression que cette personne n'a finalement été qu'enfermée pendant  18 ans" et que "quand elle sort on lui donne les armes pour recommencer",  a dénoncé Me Riglaire. L'avocat a estimé qu'avec tous les éléments mis "bout à bout" (les médicaments retrouvés en sa possession dont des somnifères vraisemblablement utilisés pour droguer l'enfant, le Viagra, des images pédophiles qui auraient été découvertes dans sa cellule) : "on ne pouvait pas trouver pire organisation".

Il encourt la perpétuité
 
Le Dr Edouard Herszkowicz, directeur du service  d'addictologie à l'hôpital de Grasse (Alpes-Maritimes), s'est dit de son côté  "surpris que l'on prescrive du Viagra à quelqu'un chez qui se pose plutôt  l'éventualité d'un traitement hormonal de castration chimique". "C'est comme si on faisait tout et son contraire", a ajouté ce spécialiste  du suivi des délinquants sexuels, en précisant qu'"à (sa) connaissance, il n'y a  pas de prescription de Viagra en prison".

Vendredi soir, l'homme a été mis en examen et écroué vendredi soir pour "enlèvement et séquestration, viols et agressions sexuelles en récidive", selon le parquet de Lille. Francis Evrard a déjà été condamné en 1975 à 15 ans de réclusion criminelle pour des attentats à la pudeur sur mineurs, en 1985 à quatre ans de prison pour des faits identiques et en 1989 à 27 ans de réclusion, dont deux tiers de sûreté, pour des viols sur deux garçons mineurs. Il était sorti de prison le 2 juillet après avoir purgé sa peine et devait être soumis à un  traitement hormonal à compter du 24 août. Un traitement auquel il s'était déjà soumis en 2000, "manifestement en  espérant obtenir ainsi une libération conditionnelle", et qu'il avait  "immédiatement interrompu" quand il se l'était vu refuser, selon le parquet.


Avec Agence
 

le 18 août 2007 à 07:55
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