L'ADN suspect était... celui d'un enquêteur

le 28 septembre 2007 à 08h01 , mis à jour le 28 septembre 2007 à 08h06

La découverte de ces traces d'ADN sur une pièce à conviction semblait étayer l'hypothèse d'une complicité. Un pan de l'enquête aujourd'hui rendu inutile.

TF1 / LCI Géraldine Giraud, en mars 1993Géraldine Giraud, en mars 1993 © Abaca Press

En langage policier, cela s'appelle une "pollution accidentelle des scellés". Plus communément, c'est un cafouillage. Et il aura fallu près de trois ans pour le mettre à jour... Les deux ADN inconnus relevés sur une pièce à conviction de l'enquête sur le double meurtre de Géraldine Giraud et Katia Lherbier se sont révélés être ceux d'un policier. L'information révélée jeudi par l'hebdomadaire Paris-Match a été confirmée de source judiciaire.

Les corps de Géraldine Giraud et Katia Lherbier, qui avaient disparu dans la soirée du 1er novembre 2004, avaient été découverts le 9 décembre 2004 au fond d'un puisard situé à Villeneuve-sur-Yonne dans la propriété de Jean-Pierre Treiber, principal suspect dans l'enquête, mis en examen et incarcéré pour "enlèvements et assassinats". Les ADN suspects avaient été relevés sur un morceau de ruban adhésif de même nature que celui qui aurait servi à bâillonner les deux victimes. Ce bout d'adhésif avait lui-même été retrouvé dans un cabanon situé dans la propriété de Jean-Pierre Treiber.

"Une défaillance technique"

Au moment de leur découverte, ces deux ADN inconnus étayaient l'hypothèse d'une complicité. Ils avaient entraîné les enquêteurs sur la piste génétique d'un complice qui les avait amené à effectuer près de 450 vérifications ADN. Le 23 mars dernier, les policiers français et leurs homologues polonais avaient interpellé en Pologne un suspect français de 33 ans. Les vérifications de son ADN n'avaient alors rien donné puisqu'il ne correspondait pas avec ceux retrouvés sur le ruban et il avait été relâché. Tout un pan de l'enquête aujourd'hui rendu inutile avec la découverte de l'auteur réel de ces traces d'ADN...

La "pollution" serait "intervenue lors d'une manipulation", et serait "probablement due à une défaillance technique", indique-t-on simplement de source judiciaire. Une explication à laquelle l'avocat de la famille Lherbier, Me Gérard Geneste, a réagi en indiquant que son sentiment était "mitigé". "Je suis quelque peu désappointé qu'une telle découverte soit faite après presque trois années d'enquête et d'innombrables vérifications génétiques", a-t-il déclaré. "Mais cette nouvelle a au moins le mérite de lever l'hypothèque de la piste génétique d'un complice" a-t-il ajouté, précisant que "désormais l'étau semble se resserrer autour de la culpabilité de Jean-Pierre Treiber".  

Deux autres personnes ont été mises en examen dans ce dossier : Marie-Christine Van Kempen, la tante de Géraldine Giraud, pour "complicité d'assassinats" et Patricia Darbeaud, amie de Jean-Pierre Treiber, pour "complicité d'escroquerie".

D'après agence

le 28 septembre 2007 à 08:01
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