La roquette anti-char visait le cantonnement de CRS d'Aspretto à Ajaccio © TF1"Cet acte mérite de la réprobation, j'y cherche un sens mais je n'y vois aucun courage". La ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie a qualifié samedi de "lâche" et "complètement débile" l'attentat à la roquette anti-char commis plus tôt dans la journée contre la caserne de CRS d'Aspretto à Ajaccio. "L'utilisation d'une arme de guerre rend cet acte encore plus intolérable", a dit celle venue manifester son soutien aux personnels.
La roquette anti-char tirée vers 2h35 n'a pas faits de blessés mais a occasionné quelques "légers" dégâts (Lire notre article). Lancée de l'autre côté de la route d'accès à ce cantonnement de CRS qui abrite un peu plus d'une centaine de personnes, elle a perforé "de part en part les locaux qui font office de foyer-restaurant et de bar", vides à cette heure-là.
"Je ne peux admettre ce genre de risque"
Les prélèvements effectués sur la roquette indiquent qu'il s'agit d'un armement militaire de fabrication américaine ou yougoslave adapté au combat anti-char. La distance de tir est évaluée à 200 mètres, depuis une zone de petit maquis avec une route à proximité où le tireur a pu prendre la fuite à moto ou en voiture.
Michèle Alliot-Marie a fermement appelé les responsables des forces de l'ordre dans l'île à "mettre un terme à cette violence et retrouver les coupables". "En cinq ans j'ai vu ce qu'est la guerre et ce qu'elle engendre et je ne peux admettre ce genre de risque sur le territoire national", a-t-elle ajouté faisant allusion à ses fonctions précédentes de ministre de la Défense. "Tirer de nuit une roquette a distance en mettant en danger la vie de nombreuses personnes démontre qu'on n'a pas soi-même confiance ni en soi ni même en ses idées", a-t-elle insisté. "Quand on a des convictions fortes elles ne peuvent s'exprimer que dans le cadre des lois de la République", a-t-elle ajouté. De précédents attentats à la roquette dans l'île ont été revendiqués par des mouvements indépendantistes clandestins.
Des groupes nationalistes appellent au dialogue |
Deux des trois mouvements corses composant le groupe "Unione naziunale" ont fait état samedi de leur volonté d'instaurer un dialogue avec le gouvernement français, marquant leur opposition à la violence après un nouvel attentat plus tôt dans la journée contre un cantonnement de CRS à Ajaccio. Il faut "créer les conditions d'un nouveau dialogue entre la Corse et l'Etat français", ont estimé le Parti de la Nation Corse (PNC) et A Chjama naziunale, deux branches modérées du nationalisme qui ont souligné leur intention de maintenir l'union nationaliste mise à mal, selon eux, par les indépendantistes de Corsica Nazione Indipendente (CNI). "C'est à l'Etat de donner les signes clairs d'une volonté de dialogue (...) pour sortir de l'engrenage répressif et préparer une véritable solution politique", a déclaré Jean-Christophe Angelini, secrétaire général du PNC et élu municipal et territorial, en relevant le ton modéré employé par le président Nicolas Sarkozy lors de sa récente visite dans l'île. (D'après agence) |
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