© TF1-LCI/R.BousquetLa Chinoise sans-papiers de 51 ans, qui s'était défenestrée jeudi à Paris à l'arrivée de la police, est décédée des suites de ses blessures vendredi soir à l'hôpital Georges-Pompidou, a-t-on appris ce lundi de source policière.
Elle avait été hospitalisée après avoir enjambé la fenêtre, depuis le premier étage d'un appartement du 41 boulevard de la Villette (Xe) à l'arrivée de la police qui n'avait apparemment, selon la version policière, aucune intention de l'interpeller. Selon une source proche de l'enquête, la femme a tenté de fuir par la fenêtre et s'est retrouvée sur l'auvent d'un magasin. De là, en se suspendant par les bras, elle a essayé de sauter sur le trottoir et est tombée lourdement sur la tête.
"Climat de terreur"
Des policiers s'étaient présentés jeudi après-midi chez un ressortissant chinois afin de lui remettre une convocation judiciaire devant le tribunal de grande instance (TGI) de Meaux (Seine-et-Marne). La femme, qui habitait chez cet homme, aurait pris peur à l'arrivée de la police en raison de sa situation irrégulière en France. Le ressortissant chinois visé par la convocation judiciaire avait été mis en cause, à Meaux, par un compatriote qui l'avait dénoncé comme étant "son logeur" et l'accusait de "vols de vêtements et d'effets personnels".
Cette affaire, intervenue après celle d'Ivan, adolescent russe de 12 ans grièvement blessé après une chute lors d'une tentative d'interpellation de ses parents par la police le 9 août à Amiens, avait relancé la controverse sur les expulsions de sans-papiers. 350 personnes ont manifesté vendredi soir devant l'immeuble où s'est produit l'accident pour dénoncer "le climat de terreur" dans lequel vivent les immigrés en situation irrégulière.
Delanoë appelle le gouvernement à la raison |
Bertrand Delanoë, maire PS de Paris, a "appelé le gouvernement à la raison" lundi dans un communiqué, après le décès d'une Chinoise sans-papiers qui s'était défenestrée par peur d'une interpellation.Le maire de Paris déplore "la pression grandissante qui s'exerce sur les étrangers de notre capitale et la multiplication des contrôles d'identité et des interpellations collectives". "S'il est clair qu'une politique migratoire fondée sur des critères précis, ainsi qu'une stratégie de co-développement, sont bien entendu indispensables, la démarche du gouvernement se résume au contraire à une logique strictement comptable, dans laquelle les préfets sont appelés à 'faire du chiffre'" et à "rendre des comptes au ministre de l'Immigration", écrit-il. "En tant qu'élu d'une collectivité locale, je ne voudrais pas que cette méthode inadaptée aux réalités humaines, ne débouche sur un nombre croissant de dérapages et de drames individuels, comme celui qui vient de se produire", conclut Bertrand Delanoë. |
Avec agences
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