Une sans-papiers se défenestre pour échapper à la police

le 20 septembre 2007 à 17h12 , mis à jour le 21 septembre 2007 à 12h44

Elle aurait pris peur alors que la police venait remettre une convocation au ressortissant chinois chez qui elle se trouvait.

LCI-TF1/R.Bousquet © LCI-TF1/R.Bousquet

Une Chinoise sans papiers s'est grièvement  blessée en se défenestrant volontairement jeudi, à Paris (Xe), à l'arrivée de la police qui n'avait apparemment, selon la version policière, aucune intention de l'interpeller. La Chinoise, dont l'âge n'a pas été précisé, a été hospitalisée dans un état  sérieux à l'hôpital Georges Pompidou.

Selon les premiers éléments de l'enquête, des policiers se sont présentés chez un ressortissant chinois afin de lui  remettre une convocation judiciaire devant le tribunal de grande instance de Meaux (Seine-et-Marne). Deux des colocataires de l'appartement de 15 m2 d'où elle s'est jetée ont  déclaré que la jeune femme vivait dans ce logement qui comprend six couchages dans des lits superposés, avec cinq autres personnes. La jeune femme aurait pris peur à l'arrivée de  la police car elle est en situation irrégulière.

RESF dénonce les "rafles"

François Masson, délégué d'Alliance (second syndicat de gardiens de la  paix), a déclaré sur place que "l'enquête (en cours à Meaux) n'est pas liée à la  personne qui s'est jetée par la fenêtre".  Selon Luc Poignant, du Syndicat général de la police (SGP-FO), deux  policiers du commissariat du Xème sont "venus remettre la convocation" du TGI.  "Un homme a ouvert et ne comprenait pas bien l'objet de la visite. A un moment, les policiers ont entendu un bruit d'attroupement dehors. Ils sont redescendus et ont vu la femme à terre", a-t-il dit.

Le ressortissant chinois visé par la convocation judiciaire avait été mis en  cause, à Meaux, par un compatriote qui l'avait dénoncé comme "étant son logeur"  et l'accusait "de lui avoir dérobé ses affaires", selon les sources  policières. Présent à l'arrivée des policiers, il a été entendu.

Ilan toujours hospitalisé

Pour Brigitte Wieser, du Réseau Education sans frontières (RESF), défenseur  des sans-papiers, qui s'est rendue sur les lieux du drame jeudi avec une dizaine  d'autres militants, "les sans-papiers sont capables de tout dès qu'ils voient un uniforme, même de se jeter par la fenêtre". "On est en plein Belleville, tous les jours il y a une ou deux rafles" et la  "peur est entretenue" par celles-ci, selon elle. "On l'avait déjà dit avant Amiens, on n'est pas sûr que le gouvernement nous  entende", a-t-elle ajouté. Pour SOS Racisme, "le fait que se met en place en France un climat délétère  pousse malheureusement à de telles extrémités des personnes dont la précarité de  vie les rend particulièrement sensibles à la pression".

Cette affaire intervient après celle d'Ivan, un adolescent Russe de 12 ans  grièvement blessé après une chute lors d'une tentative d'interpellation de ses  parents par la police, le 9 août à Amiens, qui avait relancé la controverse sur  les expulsions de sans-papiers. Il est toujours hospitalisé et en rééducation,  selon l'avocat de la famille.

La "police applique les lois"

Alliance, second syndicat de gardiens de la  paix, a déclaré vendredi que "la police applique et fait appliquer les lois". "En aucun cas une police républicaine n'a pour ambition de faire des rafles  ou d'entretenir des peurs", ajoute le syndicat, qui s'étonne des propos tenus jeudi par Brigitte Wieser, du Réseau Education  sans frontières (RESF), défenseur des sans-papiers.

D'après agence

 

le 20 septembre 2007 à 17:12
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