Drame de Lormont: le meurtrier présumé mis en examen

le 09 octobre 2007 à 07h56 , mis à jour le 09 octobre 2007 à 14h10

L'homme de trente ans, interné en psychiatrie et soupçonné d'avoir tué sa mère dimanche a été placé en détention provisoire au CHU de Bordeaux.

TF1/LCI : Immeuble de Lormont où un forcené s'était retranché (7 octobre 2007)Immeuble de Lormont où un forcené s'était retranché (7 octobre 2007) © TF1/LCI

L'homme de trente ans, interné en psychiatrie et soupçonné d'avoir tué sa mère dimanche dans la banlieue de Bordeaux durant une permission a été mis en examen lundi dans la soirée pour "homicide volontaire sur ascendant", a-t-on appris auprès du parquet de Bordeaux. Une information judiciaire a été ouverte à l'encontre de Guislain Yakoro, toujours hospitalisé au CHU de Bordeaux après avoir été blessé de trois balles au cours de son interpellation.
  
L'homme s'est vu signifié sa mise en examen pour "homicide volontaire sur ascendant" et pour "tentatives d'homicides volontaires sur agents de la force publique" par le juge d'instruction qui s'est déplacé sur son lieu d'hospitalisation. Il a ensuite été placé en détention provisoire au CHU de Bordeaux et doit être transféré dès mardi matin vers l'Unité hospitalière spécialisée interrégionale de l'établissement.
  
Un hachoir?
 
Le procureur de la République de Bordeaux, Claude Laplaud, a signalé que selon les premiers éléments de l'autopsie de la victime pratiquée lundi "en début d'après-midi" et dont les résultats définitifs seront connus dans les jours prochains, le corps comporte de multiples plaies et des mutilations de doigts et d'une jambe. C'est une voisine qui avait donné l'alerte dimanche vers 6 heures, après avoir découvert un morceau de jambe devant la porte de l'immeuble.
  
L'arme pourrait être un hachoir qui a été retrouvé dans le logement à proximité du corps supplicié de la victime. D'autre part, le procureur a précisé que les jours de Guislain Yakoro "n'étaient pas en danger", indiquant que l'opération qu'il avait subie la veille s'était bien passée. Selon lui, les policiers du GIPN ont dû faire usage de leur arme en état "de légitime défense", après avoir tenté en vain de neutraliser le forcené une première fois à l'aide d'une arme à balles en caoutchouc. Le procureur a ajouté que M. Yakoro avait été entendu plus tôt dans la journée dans le cadre de l'enquête mais qu'il n'avait fait "aucune déclaration".
 
Permission mensuelle
  
En mars 2001, M. Yakoro avait tué un codétenu de la maison d'arrêt de Gradignan (Gironde). Le jeune homme, originaire de République centrafricaine, avait bénéficié en novembre 2001 d'un non-lieu pour raisons psychiatriques, une expertise ayant conclu qu'il souffrait de troubles graves et ne pouvait être considéré comme responsable de ses actes. Après avoir été hospitalisé dans un premier temps dans l'unité pour malades difficiles (UMD) de l'hôpital de Cadillac, son régime avait été ensuite modifié courant 2005, pour une hospitalisation psychiatrique classique, à Cadillac.

M. Laplaud a précisé qu'il bénéficiait à ce titre "depuis Noël 2005 d'un régime de permissions de sortie", d'abord mensuelles puis bimensuelles, au cours desquelles il se rendait "chez sa mère ou chez sa soeur".

Les syndicats de police inquièts des permissions psychiatriques

Les syndicats de police s'inquiètent des conditions de permission accordées aux malades psychiatriques dangereux. Le secrétaire régional pour le Sud-Ouest du Snop (Syndicat national des officiers de police), Lionel Lafargue, regrette dans son communiqué "que les individus suivis en milieu psychiatrique suite à des faits criminels se retrouvent en totale liberté sans aucune surveillance." Le représentant local du premier syndicat d'officiers déplore que "ces individus" puissent être "livrés à eux-même" et demande que des "mesures concrètes soient prises pour que ce type d'atrocités ne se reproduise pas". De son côté, Jack Allais, secrétaire Aquitaine de Synergie-Officier "réclame des garanties quant à l'enfermement des personnes jugées irresponsables mais responsables d'actes de barbarie à répétition".


  

(D'après agence)

le 09 octobre 2007 à 07:56
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