Xavier Darcos, le 3 septembre 2007 © TF1/LCILa rencontre avait été organisée à la demande de Nicolas Sarkozy : dès dimanche soir, quelques heures après l'agression du principal adjoint du collège Pablo Neruda à Pierrefitte, en Seine-Saint-Denis, le chef de l'Etat avait réclamé une réunion sur la sécurité de cet établissement. Elle s'est tenue ce mardi à l'Inspection d'académie de Bobigny en présence du ministre de l'Education, du préfet et du président du Conseil général. Et Xavier Darcos a annoncé qu'il allait, avec Rachida Dati, "pousser la réflexion pénale" sur les violences visant les enseignants afin d'étendre les circonstances aggravantes de peines.
La ministre de la Justice, a ajouté Xavier Darcos, "va faire un rappel au règlement des procureurs de la République sur les circonstances aggravantes déjà prévues aux dispositions 222-12 et 222-13 du code pénal". Ces articles prévoient une aggravation des peines lorsque des violences sont commises dans l'enceinte d'un établissement scolaire. Mais, allant plus loin, le ministre s'est aussi demandé : "Ne faut-il pas étendre ces dispositions à tout enseignant agressé au motif qu'il est éducateur ?", avant de souligner : "Cet incident nous rappelle à quel point les personnels sont facilement exposés".
"Mieux sécuriser, isoler et protéger"
Concernant le cas particulier du collège Pablo-Neruda, il a promis que des "améliorations" allaient être engagées prochainement pour "mieux sécuriser, isoler et protéger" ce collège, où des intrusions sont régulièrement déplorées. Le terrain de sport pourrait être "séparé" du reste de l'établissement. Xavier Darcos a également annoncé une amélioration de la "protection des portails", "qui bien qu'élevés sont facilement franchissables" et un futur "enregistrement de vidéo surveillance". Les caméras posées après l'intrusion d'une voiture volée, en mai 2006, ne permettent actuellement pas d'enregistrer. "Ce sera coûteux" mais "l'Etat et le Conseil général trouveront un accord", a-t-il dit.
Mais pendant que le ministre parlait ainsi de renforcement de la sécurité et de possibles durcissements des sanctions contre les auteurs d'agressions envers des enseignants, le Snes Seine-Saint-Denis, principal syndicat des enseignants de collège, dénonçait les "pressions subies" par les enseignants du collège Pablo-Neruda pour reprendre "au plus vite" les cours et "donner l'apparence d'un semblant de normalité". Dans ce collège classé en zone prévention violence, les cours ont repris lundi à 14 h après une matinée de discussion entre les enseignants et leur hiérarchie. Or, selon Clément Dirson, porte-parole du Snes-93, "les enseignants sous le choc avaient besoin de réfléchir", "ils se posaient beaucoup de questions", et "leur hiérarchie, tout en montrant beaucoup de sollicitude, n'a cessé de faire pression sur eux pour qu'ils reprennent immédiatement les cours".
D'après agence
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