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Le sexagénaire arrêté mardi à Mulhouse a été mis en examen jeudi à Montbéliard pour cinq meurtres commis dans l'est de la France dans les années 1980 et 1990, mais l'homme, qui nie en bloc, a été remis en liberté avec un bracelet électronique en raison de l'absence d'indices solides. "C'est parfaitement injuste, mais sans commentaire", a-t-il dit à des journalistes devant la porte de son immeuble à Mulhouse, en ajoutant qu'il n'avait "rien à déclarer". Le parquet de Montbéliard a annoncé jeudi soir qu'il faisait appel de la décision.
Jeudi après-midi, la juge d'instruction Ariane Combarel a mis Nicolas Panard, 68 ans, en examen pour cinq des six meurtres visés par l'information judiciaire. La décision de la juge porte sur les homicides de cinq hommes : Daniel Decker, tué à Mulhouse en 1983, Didier Sol, tué à Sochaux en 1991, Christophe Michel, tué à Colmar en 1991, Henri Figenwald, un agent d'assurance tué en 1995 à Riedisheim, et Michel Michaudet, tué à Mulhouse en 2000. L'affaire Joëlle Schneider, une prostituée mulhousienne tuée en janvier 1993, a été laissée de côté. "Je suis pour rien dans tout ce qu'on m'accuse", a déclaré le suspect lors de l'audition devant la juge des libertés et de la détention Marielle Counillon-Michel, maintenant sa position affichée pendant les six auditions de trois heures chacune lors des 48 heures de garde à vue.
Ils nient les faits
L'homme, âgé de 68 ans, avait été interpellé mardi chez lui à Mulhouse, après une enquête policière du commissariat de Montbéliard portant sur 18 meurtres commis entre 1980 et 2002. Tous avaient plusieurs dénominateurs communs : les victimes, en majorité des homosexuels, avaient été tuées d'un coup violent à la tête, suivi d'une multitude de coups de couteau, leur visage étant ensuite recouvert mais le corps partiellement déshabillé. Plusieurs de ces meurtres avaient été classés sans suite, faute d'éléments.
Le sexagénaire, artiste transformiste et travesti, s'est produit dans des cabarets en Alsace et en Allemagne, où l'enquête pourrait éventuellement avoir des prolongements. L'homme menait une vie en apparence paisible et ne cachait pas son homosexualité. Un complice présumé, un Tunisien âgé de 43 ans condamné en 1999 à 20 ans de réclusion pour le meurtre d'un agent d'assurances homosexuel à Riedisheim, dans le Haut-Rhin, et qui purge sa peine en région parisienne, avait été conduit mercredi au commissariat de Montbéliard. Les deux hommes, qui ont été un temps amants selon des sources proches de l'enquête, nient les faits qui leur sont reprochés.
D'après agence
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