Dimanche soir à Villiers-Le-Bel © LCI 
Des armes à feu ont été utlisées lundi soir
A 21h30, un certain calme régnait dans "la Zac" de Villiers-le-Bel, où étaient positionnés de nombreux véhicules de police, notamment à proximité de la barre d'immeuble où vivait l'un des 2 adolescents morts dimanche. La plupart des policiers restaient positionnés dans leurs véhicules pour ne pas attiser la colère. La préfecture du Val d'Oise signalait "seulement" quelques voitures incendiées en début de soirée, et 7 personnes interpellées. En revanche, à Toulouse, le feu a été mis à une bibliothèque (avant d'être maîtrisé) dans le quartier de la Reynerie, où une dizaine de voitures ont été incendiées.
Dans la crainte d'une 3e nuit de heurts à Villiers-le-Bel, commune de 27.000 habitants, et dans les communes alentours, notamment après le match de football, la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, et le Premier ministre, François Fillon, sont arrivés peu avant 21h à Villiers-le-Bel, pour la seconde fois de la journée, alors que le dispositif de sécurité a encore été renforcé. "Nous déployons un dispositif encore plus important. Le dispositif d'hier (lundi) était important mais nous considérons qu'il n'a pas suffi", a expliqué peu avant Michèle Alliot-Marie (sur France 2).
"Aucun émeutier" soigné
Dans l'après-midi, 6 maires socialistes (ceux de Villiers-le-Bel, Sarcelles, Cergy-Pontoise et Gonesse, dans le Val d'Oise, et ceux de Clichy-sous-Bois et Bondy en Seine-Saint-Denis) ont lancé mardi à Villiers-le-Bel, où 82 policiers ont été blessés dans la nuit, certains par des tirs d'armes à feu, un "appel au calme", invitant l'ensemble des adultes et des parents à demander aux enfants de rester chez eux. "Ce (mardi) soir tous les bâtiments publics de Villiers-le-Bel seront allumés" : à Villiers-le-Bel, le maire Didier Vaillant a en outre invité "les adultes à rejoindre les élus pour discuter aux abords de ces bâtiments" (Ecouter le maire de Villiers-le-Bel). A leur tour, dans la soirée, les parlementaires et maires UMP d'Ile-de-France ont appelé au calme.
Alors que les habitants étaient ce mardi sous le choc, en découvrant que la bibliothèque, une école primaire et un magasin de coiffure avaient notamment été brûlés en plus de véhicules (voir la vidéo), une marche silencieuse réunissant quelque 200 personnes a de nouveau été organisée dans l'après-midi. Autre "mesure" de dissuasion : "aucun émeutier" n'a été soigné dans le poste médical avancé (PMA) installé lundi soir à Villiers-le-Bel, a indiqué mardi soir Patrick Pelloux, président de l'association des médecins urgentistes de France (Amuf), seulement des policiers.
8 jeunes écroués
Prenant la parole tour à tour, les 6 maires et le président du conseil régional d'Ile-de-France, Jean-Paul Huchon (PS), ont aussi demandé au gouvernement de débloquer des moyens et appelé au rétablissement de la police de proximité dans les quartiers. Une idée aussitôt écartée par Michèle Alliot-Marie. La ministre de l'Intérieur de même que le Premier ministre ont redit que le gouvernement "ferait tout" pour empêcher une contagion de la violence dans les quartiers sensibles. Dans l'après-midi, tous deux ont durci le ton à l'Assemblée nationale, où la séance de questions au gouvernement a donné lieu à une prise de bec entre opposition et gouvernement, en attendant que Nicolas Sarkozy tienne mercredi matin une série de rendez-vous avant le Conseil des ministres (lire notre article). Fadela Amara a quant à elle passé la journée à Villiers-le-Bel, où elle a notamment rencontré la famille de l'un des jeunes gens décédés dimanche.
Côté enquête, la procureure de la République de Pontoise a déclaré mardi que "l'examen technique des véhicules et les constatations médico-légales corroborent les premiers éléments de l'enquête" et les témoignages selon lesquels les policiers n'étaient pas responsables de l'accident. Le tribunal correctionnel de Pontoise a de son côté ordonné mardi soir le placement sous mandat de dépôt de 8 jeunes hommes accusés d'avoir participé dans la nuit de dimanche à lundi aux violences. L'avocat des familles a demandé la désignation d'un juge d'instruction.
Aux Mureaux, pour la 2e soirée consécutive, des barrages intedisaient dans la soirée aux riverains de rentrer par la voie principale.
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