Dans la nuit de lundi à mardi à Villiers-le-Bel © TF1Interrogés mardi après-midi, après deux soirées de violences graves à Villiers-le-Bel et dans les communes alentours, les policiers disaient leur crainte de nouvelles violences. Selon des informations qu'ils avaient recueillies sur le terrain, des jeunes des départements voisins du 92 et du 93 s'apprêtaient à venir prêter main forte à ceux du 95 dans leur rébellion contre les forces de l'ordre. Du coup, la ministre de l'Intérieur a annoncé dans la journée un renforcement du dispositif de sécurité en hommes et en matériels. Michèle Alliot-Marie qui a reçu ce mardi matin les syndicats de police pour les assurer de son soutien.
"La ministre a rendu hommage au travail des policiers, à leur sang froid et à leur professionnalisme", relate Patrice Ribeiro de Synergie Officiers, second syndicat d'officiers de police. "Contrairement à ce qui s'était passé en 2005, il n'y a pas de cacophonie au niveau de l'Etat, précise-t-il. L'Etat parle cette fois-ci d'une seule voix et entend agir vite et avec fermeté pour mettre fin à la situation".
Beaucoup plus de sauvagerie qu'en 2005
Une situation qui est jugée alarmante par les policiers sur place. "Nous avons passé un stade dans l'explosion de la violence urbaine, commente Patrice Ribeiro. Il faut aujourd'hui parler d'insurrection". David Barbas, du SNOP, premier syndicat d'officiers de police, parle de son côté "de guerilla urbaine". "Nos collègues sur le terrain sont effarés, ils sont face à des jeunes super organisés, très mobiles et prêts à tout. C'est très chaud, ils ont vraiment la sensation qu'on veut tuer du flic".
"Les échauffourées sont partis beaucoup plus vite et avec beaucoup plus de sauvagerie qu'en 2005, confirme Synergie Officiers. Les jeunes étaient prêts, ils attendaient un prétexte pour tout casser et tout dépouiller".
Décréter l'Etat d'urgence ?
Ce qui change également par rapport à 2005, c'est le taux d'armement des jeunes délinquants. Sur les 82 policiers blessés lundi soir à Villiers-le-Bel et dans les communes environnantes, près de la moitié ont été touchés par des tirs de grenailles. "Les délinquants dans ces banlieues se servent de plus en plus d'armes. Au début, c'était pour commettre leurs exactions. Puis ils ont commencé à s'en servir pour régler leurs comptes entre bandes. Maintenant, c'est contre les forces de l'ordre qu'ils les utilisent", commente Synergie Officiers.
Le Snop entend demander rapidement au ministère de l'Intérieur de fournir aux forces de l'ordre des équipements anti-émeutes, et notamment des armes à balle plastique pour permettre une riposte adaptée. Il aurait voulu la fermeture des stations essences dès la tombée de la nuit et, surtout que le préfet du Val d'Oise décrète l'Etat d'urgence dans les villes concernées par les violences.
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