Michel barnier rendant visite au rescapé du naufrage d'un chalutier (8 janvier 2008) © TF1/LCIDes investigations vont être entreprises sur l'épave de La P'tite Julie, qui a sombré lundi au large de la Bretagne nord, faisant deux morts et quatre disparus, pour tenter de dissiper le mystère autour d'un des naufrages les plus meurtriers de ces dernières années. "L'enquête va conduire à aller voir l'état de la coque qui se trouve à 80 mètres sous la mer. Ce qui se dit, c'est qu'il n'y a pas eu de collision. On en aura le coeur net quand la coque sera inspectée", a déclaré le ministre de la pêche Michel Barnier mardi à Erquy, port d'attache du chalutier. Quand aura lieu cette inspection ? Pour l'instant, mystère.
Seule certitude pour l'heure : les sept hommes d'équipage "n'ont pas eu accès aux caissons qui contenaient les vêtements de survie, ni aux canots" car ceux-ci étaient placés à l'avant du navire qui a coulé par l'avant, selon le commandant Bertrand Hudault, porte-parole de la préfecture, citant les premières déclarations à la gendarmerie maritime de l'unique rescapé de La P'tite Julie. Outre son témoignage, qui a expliqué notamment que le naufrage avait été très rapide, les enquêteurs devraient également interroger d'autres navires sur zone au moment où le chalutier a coulé, à 50 km environ au large du phare de l'île Vierge. Selon le président du comité des pêches de Bretagne André Le Berre, La P'tite Julie, qui a mis entre 5 et 10 minutes pour couler, a en effet eu le temps d'établir "des contacts radio VHF avec d'autres bateaux sur zone" après avoir alerté le CROSS Corsen.
Renforcer la sécurité des marins
En attendant, les interrogations sont nombreuses sur le naufrage de ce bateau de 24 mètres, armé par une société louée sur les quais pour son sérieux, l'armement Jean Porcher, et commandé par un capitaine non moins réputé, Bruno Lesage. Avec vingt noeuds de vent (moins de 40 km/h), des creux de quatre à cinq mètres, les conditions de navigation n'étaient pas optimales mais courantes en cette saison pour des marins expérimentés à la barre d'un chalutier de 24 mètres. Le bateau, qui faisait route vers son lieu de pêche, était "en très bon état, tout le monde le reconnaît ici. Il venait de passer une visite de sécurité en décembre", a précisé André Le Berre.
L'équipage de La P'tite Julie venait en outre de monter à bord la veille, selon la mairie, ce qui semblerait écarter l'hypothèse d'un défaut de vigilance dû à la fatigue de la part du marin de quart. André Le Berre envisage donc une "voie d'eau ou un choc avec un conteneur" immergé entre deux eaux. D'autres marins sur les quais d'Erquy évoquent un tronc d'arbre ou un problème technique empêchant l'évacuation de l'eau.
Le métier de marin est "le plus dangereux de tous les métiers avec un mort pour mille marins et 10% d'accidents de travail, ce que nous n'acceptons pas", a rappelé Michel Barnier mardi à Erquy où il a rencontré des familles de victimes et l'armateur. Dans le cadre du plan dont les détails seront annoncés fin janvier, le ministre a rappelé que "chaque marin sera doté d'une balise de positionnement individuel" financée à hauteur de 75% par l'Etat.
D'après agence
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