Incendie à l'Assemblée territoriale de Corse à Ajaccio © TF1/LCISix personnes, dont deux appartiennent au mouvement nationaliste corse Rinnovu, ont été interpellées lundi matin dans l'enquête sur l'incendie à l'Assemblée de Corse à Ajaccio, selon une source proche de l'enquête. Cinq des interpellations ont eu lieu à Ajaccio, la sixième à Bastia. Une des personnes interpellées est mineure. Rinnovu, qui a confirmé que deux de ses militants avaient été interpellés, a appelé à un rassemblement lundi soir devant les commissariats de Bastia et Ajaccio. La quarantaine de militants réunis a été dispersée par les CRS.
"Les perquisitions ont été effectuées et les auditions sont en cours", a indiqué le procureur de la République à Ajaccio, José Thorel. Ce dernier a précisé que les enquêteurs "disposaient d'empreintes digitales et génétiques prélevées sur les lieux du sinistre", ainsi que d'images des
événements, vraisemblablement extraites des circuits de surveillance par vidéo du bâtiment. "Elles montrent des hommes au visage dissimulé sous des capuchons ou des cagoules et aussi des personnes qui regardent les caméras à visage découvert avant de les détruire. Bien sûr, les premiers sont moins aisés à identifier que les seconds", a précisé un enquêteur. D'autres interpellations pourraient rapidement intervenir, a précisé une source proche de l'enquête.
Poursuites contre des organisateurs
Parallèlement à cette vague d'interpellations visant vraisemblablement des "éléments incontrôlés" n'ayant pas suivi les mots d'ordre de respect des lieux lancés par les dirigeants nationalistes, les autorités ont décidé de s'en prendre directement aussi aux organisateurs de la manifestation. Cinq des 18 responsables des mouvements, partis et syndicats ayant appelé à défiler dans les rues d'Ajaccio ce jour-là ont été cités à comparaître le 29 février pour avoir "organisé une manifestation sur la voie publique sans autorisation préalable" a indiqué le procureur. Ils encourent six mois de prison et 7.500 euros d'amende.
Les deux partis nationalistes corses modérés (autonomistes et opposés à la violence politique), le Parti de la nation corse (PNC) et A Chjama naziunale, ont protesté, dans un communiqué commun, contre "ces poursuites pénales qui interviennent sur le fondement d'un texte répressif pratiquement jamais utilisé en France depuis des décennies".
Après l'incendie, qui a totalement détruit les bureaux du président UMP du conseil exécutif de Corse, Ange Santini, la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, avait déclaré que les enquêteurs "avaient récupéré énormément de traces et d'indices". "Nous avons tout ce qu'il faut pour identifier très précisément ceux qui se sont livrés à des dégradations à l'Assemblée de Corse", avait dit Michèle Alliot-Marie.
Le ministère de l'Intérieur avait mobilisé de "très importants moyens techniques et scientifiques" pour mener à bien l'enquête ouverte par le parquet d'Ajaccio. Une quarantaine d'enquêteurs de l'identité judiciaire et de la section "explosif et incendie" du laboratoire de Marseille avaient été dépêchés sur place. L'incendie, le 13 janvier, avait été condamné par toutes les instances politiques à l'exception des nationalistes de Corsica nazione indipendente (CNI), principal parti indépendantiste de Corse. Une enquête de flagrance avait été ouverte pour "destruction de bien public à l'aide d'un moyen dangereux pour les personnes en réunion".
| Attentats en série contre des banques |
Deux attentats ont fortement endommagé deux agences bancaires, à Sartène, en Corse-du-sud, dans la nuit de dimanche à lundi, portant à quatre le nombre des établissements bancaires touchés par des bombes en moins d'une semaine en Corse. Lundi, deux fortes charges de nitrate et de fuel ont explosé à cinq minutes d'intervalle devant les agences du Crédit Lyonnais et du Crédit Agricole. Les attentats n'ont pas fait de blessé mais ont endommagé les immeubles voisins, ainsi que plusieurs voitures stationnées à proximité. La section anti-terroriste du parquet de Paris s'est saisie des quatre dossiers. Par ailleurs, une tentative d'attentat a été découverte lundi matin à la poste de Ghisonaccia, en Haute-Corse. Peu avant 7 heures, une bouteille de gaz relié à un système déclenchant a été découverte devant le bureau de poste. |
(D'après agence)
Retour MYTF1
Chargement en cours...



