Les spéléologues du Doubs racontent leur odyssée

le 09 janvier 2008 à 14h11 , mis à jour le 09 janvier 2008 à 22h33

Trois des six spéléologues coincés de samedi à mardi soir dans une grotte du Doubs ont raconté mercredi comment ils avaient réussi à vivre sous terre.

spéléologue doubsDeux spéléologues ont été remontés de la galerie souterraine où ils étaient prisonniers depuis trois jours © TF1/LCI

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Trois spéléologues racontent leur attente
 

Pour Stéphane Guignard, "le plus dur a été de gérer l'attente". En compagnie de deux de ses camarades d'infortune, sortis depuis quelques heures, comme lui, d'une galerie souterraine près de Déservillers où ils étaient piégés depuis samedi soir, le spéléologue a fait face mercredi aux journalistes lors d'une conférence de presse. "Quand on a compris que ça pouvait durer, on a mangé un pruneau et un abricot sec par jour et on a bu 6 litres d'eau pour pallier le déficit alimentaire", a-t-il affirmé. Tout en insistant : "On n'a pas douté une seule seconde". A ce régime plus que frugal, "on avait encore de quoi s'alimenter pour une semaine", a expliqué pour sa part un autre membre du groupe, Didier Pasian. Quant au troisième, Denis Drumetz, il a décrit comment les naufragés des grottes s'étaient "confectionné une tente avec des couvertures de survie, à l'intérieur de laquelle on avait placé une lampe chauffante qui permettait d'assurer une température de 20 à 25 degrés".

Amis de longue date, les trois rescapés, forts de 20 ans d'expérience souterraine, faisaient partie du groupe des quatre spéléologues qui ont refait surface mardi vers 22h30 du gouffre des Biefs Boussets, d'où était partie samedi l'expédition. Ils ont donc passé sous terre quelques heures de plus que les deux autres membres de l'expédition, qui s'étaient séparés de leurs camarades dès samedi après-midi à mi-parcours : ils étaient ressortis mardi après-midi de la grotte Baudin, à une quinzaine de kilomètres en aval de Déservillers, à Nans-sous-Sainte-Anne.

Un parcours fléché pour les sauveteurs

"On anticipait au fur et à mesure ce qui allait se passer. On savait qui allait nous chercher et à quel endroit", a encore raconté Stéphane Guignard. Les spéléologues avaient même fléché le parcours pour faciliter le travail des secours. "On était inquiet pour nos deux camarades qui ont sauté dans le courant mais à aucun moment, nous n'avons douté", a affirmé Didier Pasian, évoquant cependant leur souci d'inquiéter leurs proches. "On a vécu les mêmes choses que les personnes qu'on va chercher parfois", a-t-il ajouté en soulignant, à l'unisson avec ses amis, ne s'être "jamais senti victime". Les quatre hommes se dirigeaient d'ailleurs vers la sortie du gouffre mardi soir, au moment de la décrue, lorsqu'ils sont tombés sur les secours venus les chercher.

Le groupe, qui affirme être resté "très soudé" dans l'aventure, les décisions étant prises collégialement, a réfuté toute imprudence. La météo prévoyait certes des pluies samedi mais la crue, liée à un dégel provoqué par le redoux, était "imprévisible", selon Didier Pasian. Ils ont toutefois promis d'être "encore plus prudents" à l'avenir, sans renoncer à la spéléologie, leur passion. A la psychologue qui les a examinés à leur sortie et leur a recommandé "de se faire plaisir", Stéphane Guignard a répondu : "je ferai de la spéléologie".

D'après agence 

le 09 janvier 2008 à 14:11
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