Immeuble avec balcons (image prétexte) © TF1/LCIPlus de 200 personnes ont manifesté samedi à Noisy-le-Sec en hommage à Reda Semoudi, l'Algérien qui s'est tué mardi en se défénestrant du 9e étage d'un immeuble, où la police l'accompagnait pour une perquisition. En marge de la manifestation qui s'est déroulée dans le calme, deux voitures, dont celle du maire Nicole Rivoire (Modem), ont été incendiées aux environs de la mairie, selon un journaliste sur place. Les pompiers ont rapidement éteint les flammes.
"La version des choses qui est présentée par la police est invraisemblable, Reda n'a pas pu ouvrir la fenêtre avec des menottes dans le dos, on va tout faire pour dire qu'il y a une autre version, nous demandons que la vérité soit faite sur cette affaire", a déclaré Tarek Kawtari, membre du Mouvement immigration banlieue (MIB). Des panneaux affichant la photo du jeune Algérien étaient portés par les manifestants et sur une banderole on pouvait lire "Justice et vérité sur Reda Semoudi".
"Scandaleuses accusations"
"Mes deux filles vivaient avec lui et mon ex-femme depuis plus de deux ans et croyez-moi, s'il y avait eu des problèmes j'aurai immédiatement demandé la garde de mes enfants, c'était un deuxième père pour mes filles, quelqu'un de bien qui ne se serait jamais suicidé", a expliqué Rachid Yousfi. "Il faut être conscient qu'on est face à des injustices, il faut mettre la pression et demander à ce qu'un juge d'instruction soit nommé pour que l'affaire soit bien menée", a expliqué le président de l'association AC-LEFEU, venu en soutien, comme Réseau éducation sans frontières (RESF) ou encore la Ligue des Droits de l'Homme (LDH).
Alors qu'il était menotté, cet Algérien de 30 ans, avait "échappé à la vigilance" des enquêteurs et sauté du 9e étage par la fenêtre d'un immeuble où les policiers étaient venus perquisitionner dans le cadre d'une affaire de stupéfiants, selon une source judiciaire. L'homme "menotté dans le dos" se serait "soustrait" à la vigilance d'un policier de la brigade des stupéfiants chargé de le surveiller, selon la même source. Au cours de sa garde à vue, le jeune Algérien avait "reconnu avoir été arrêté lundi à Paris en flagrant délit de vente de six plaquettes de subutex (un produit de substitution à l'héroïne, ndlr) pour une valeur de 150 euros" et il a également "reconnu l'usage de subutex", a expliqué une source judiciaire.
Le Syndicat national des officiers de police (Snop, majoritaire) a dénoncé jeudi "les scandaleuses accusations d'homicides proférées à l'encontre des policiers". L'autre syndicat d'officiers, Synergie, a également exprimé son soutien aux enquêteurs.
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