Descente de police à Villiers-le-Bel, le 18 février au matin © LCIParmi les suspects interpellés lundi matin lors de la descente de police de grande ampleur à Villiers-le-Bel, sept ont été mis en examen mercredi dans l'enquête sur une tentative d'homicide contre un commissaire, l'incendie de son véhicule ainsi que de bâtiments publics fin novembre, a annoncé la procureure de Pontoise. Seize personnes restent par ailleurs en garde à vue dans le cadre de l'enquête sur ces violences portant plus spécifiquement sur des tirs contre les forces de l'ordre. Et quatorze autres ont été relâchées.
C'est la mort de deux adolescents lors de la collision de leur mini moto avec un véhicule de police qui avait déclenché ces violences. L'enquête, qui a conduit à une opération de police très médiatisée et très controversée, a notamment pu aboutir grâce à plusieurs témoignages anonymes contre rétribution, un recours peu courant en France, hors affaires terroristes. Début décembre, la police avait distribué dans la commune des tracts appelant d'éventuels témoins de "coups de feu tirés contre des policiers" à témoigner anonymement et contre une rémunération à hauteur de "plusieurs milliers d'euros". Selon des sources proches de l'enquête, au moins trois témoignages anonymes ont permis aux enquêteurs de cibler dans un premier temps deux frères, domiciliés à Villiers. Ils ont été surveillés, mais, selon ces mêmes sources, ces deux suspects, qui feraient partie des objectifs de l'opération de lundi matin, ont été très discrets.
Des photos de perquisition qui font polémique
Parmi les huit personnes déférées dans l'après-midi de mercredi au tribunal de Pontoise, et dont sept ont été mises en examen, se trouvait le frère d'un des deux adolescents morts, Lakamy, 16 ans, selon la procureure de Pontoise. On ignore s'il figure parmi les mis en examen. La procureure avait indiqué qu'elle avait requis sa mise sous contrôle judiciaire pour qu'il ne soit pas placé sous mandat de dépôt. Elle avait répété à plusieurs reprises depuis lundi que le fait qu'il soit le "frère d'un défunt" serait pris en compte et que sa situation serait étudiée "avec humanité". Le frère de Lakamy est suspecté d'avoir participé à la destruction par incendie du véhicule du commissaire de police, Jean-Claude Illy, qui avait été roué de coups quelques instants après la mort des deux adolescents. Il avait été interpellé lundi à la mi-journée, après l'opération de police menée à Villiers-Le-Bel, dans des conditions houleuses, selon la procureure.
Concernant l'opération de police et sa médiatisation, la procureure de Pontoise a annoncé mercredi qu'elle allait ouvrir "une enquête sous une qualification pénale", à la suite de la publication dans Paris-Match de photos prises à l'intérieur d'un appartement perquisitionné par les forces de l'ordre, lundi à Villiers-le-Bel. Michèle Alliot-Marie avait déjà saisi l'Inspection générale de la police nationale (police des polices) sur le même sujet. L'IGPN doit enquêter spécifiquement sur les circonstances dans lesquelles l'équipe de Paris-Match a pu faire ces photos : le ministère a précisé que cette équipe, munie des autorisations nécessaires, suivait la BRI (brigade de recherche) de Versailles depuis une semaine. Mais, a-t-on ajouté, la BRI a continué à laisser cette équipe la suivre lors de la vaste opération de police de Villiers-le-Bel, sans demander l'avis de la hiérarchie.
D'après agence
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