Image d'archives © TF1Soupçonnée d'avoir escroqué près de 6000 Chiliens, Gilberte Van Erpe, alias "Madame Gil", dort désormais en prison. Mise en examen vendredi à Paris par la juge financière Sylvie Gagnard, elle a été placée en détention provisoire à la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis, dans l'Essonne. Elle avait été interpellée mardi à Nice par les policiers de l'Office central pour la répression de la grande délinquance financière.
Installée en décembre 2004 à Santiago, cette chef d'entreprise française actuellement âgée de 66 ans aurait, selon Le Parisien, déjà un lourd passé judiciaire puisqu'elle aurait été condamnée à cinq ans de prison pour une escroquerie en Belgique. Dans ce nouveau dossier, elle est soupçonnée d'avoir été l'instigatrice d'une gigantesque escroquerie, dite aux "petits fromages magiques", dans laquelle elle aurait été associée à deux entrepreneurs chiliens, propriétaires de la société "Fermex Chile S.A.". Tous deux ont depuis été incarcérés dans leur pays pour cette affaire.
Le mécanisme de l'arnaque
Fermex commercialisait des "ferments lactiques" dont "Madame Gil" prétendait qu'ils formaient, après avoir été mélangés à du lait, des sortes de "fromages" destinés à l'industrie cosmétique française. Le produit, ainsi que le matériel nécessaire, était livré contre le versement d'une "garantie" équivalent à 360 euros, censés rapporter le double en quatre mois lorsque les crèmes obtenues après fermentation étaient revendues à la société qui prétendait les exporter.
Les premiers "fromages magiques" ayant été réellement réglés par la société, le succès de l'opération s'est rapidement étendu à tout le pays, des personnes n'hésitant pas à s'endetter pour profiter d'un investissement qu'ils pensaient rentables. Mais la source s'est vite tarie, la société "Fermex" et "Madame Gil" ont quitté le pays, laissant une escroquerie évaluée 14,6 millions d'euros, selon une source judiciaire.
Une plainte a été déposée depuis le Chili contre la société française de "Madame Gil" en septembre 2006, jugée recevable en janvier 2007 par le tribunal de grande instance de Paris. La même escroquerie a également ruiné 25.000 Péruviens, mais le Pérou n'a pas saisi la justice française.
D'après agence
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