Michèle Alliot-Marie : "Oui, il y a eu des fuites"

le 19 février 2008 à 18h57 , mis à jour le 19 février 2008 à 20h09

La ministre a reconnu mardi qu'elle savait que la presse assisterait à l'opération de police de Villiers-le-Bel. Mais les fuites ne venaient pas du ministère...

Intervention d'un millier de policiers à Villiers-le-Bel (18 février 2008)Intervention d'un millier de policiers à Villiers-le-Bel (18 février 2008) © TF1/LCI

Les informations filtrent sur le profil des interpellés visés par l'opération de police qui a mobilisé un millier de policier à Villiers-le-Bel. Il s'agissait de traquer les auteurs de violences contre des policiers et notamment les responsables de tirs qui avaient blessé une centaine de membres des forces de l'ordre. Selon le site du Point, sur les 37 arrêtés, tous sont connus des services de police, et certains auraient des casiers judiciaires des plus chargés - le parfait profil du caïd, plus que celui de l'émeutier...

Pour les identifier, la police a eu recours à des informateurs, contre rétribution. Citée par Le Figaro, Michèle Alliot-Marie a d'ailleurs confirmé le paiement de primes à ces témoins et indicateurs. La ministre s'est par ailleurs efforcée de désarmorcer la polémique sur la médiatisation de l'opération de police. "Lorsque mon directeur de cabinet (Michel Delpuech, ndlr) m'a informée dimanche vers 22 heures que la presse était au courant et que les journalistes seraient sur place, j'étais mécontente", a-t-elle confié mardi à quelques journalistes conviés Place Beauvau. Au point que "je me suis demandée si je n'allais pas faire annuler" l'opération.

D'où venaient les fuites ? MAM a son idée...

Michèle Alliot-Marie dément ainsi implicitement les accusations de Ségolène Royal et de François Bayrou, qui avaient reproché à la ministre et au gouvernement d'avoir fait une opération médiatique à l'approche des municipales. Pour la ministre, ses détracteurs "essaient de créer une polémique et d'instiller le doute pour masquer la réalité de l'opération, qui s'est très bien déroulée". En outre, en laissant entendre que le gouvernement aurait voulu utiliser la presse pour faire valoir son action, "ils insultent les journalistes", a-t-elle estimé.

"Oui, il y a eu des fuites" dans la presse, a admis la ministre, mais "elles ne viennent pas du cabinet (qui) n'était pas au courant" à l'exception "de trois personnes", dont elle-même. Elle dit en vouloir aux auteurs de ces fuites : "je regrette qu'on ait ainsi fait prendre des risques aux policiers" qui devaient intervenir sur le terrain, entre autres "dans des cités où il peut y avoir des armes". Face à ce risque, également couru par "les journalistes eux-mêmes", la ministre a assuré que "si on avait voulu que les médias soient là, on aurait organisé" leur gestion.

Comme on lui demandait si elle avait fait diligenter une enquête sur l'origine des fuites, Michèle Alliot-Marie n'a pas souhaité répondre, mais a laissé entendre qu'elle en avait une certaine idée. "Nous, moi et mon directeur de cabinet, avons eu les syndicats de police" au téléphone, a-t-elle dit, ajoutant : "certains d'entre eux étaient sincères quand ils nous ont dit qu'ils regrettaient la présence des journalistes" sur les lieux.

D'après agence

Premières remises en liberté

Cinq personnes placées en garde à vue dans le cadre de la vaste opération de police menée lundi matin à Villiers-Le-Bel vont être remises en liberté mardi soir, ont annoncé la procureure de Pontoise et le chef de la police judiciaire de Versailles. "On a écarté complètement" ces cinq personnes "de toute participation aux tirs contre les forces de l'ordre au cours des soirées du 25 et 26 novembre", lors desquelles une centaine de fonctionnaires avaient été blessés à Villiers-Le-Bel, a précisé Jean Espitalier, chef de la police judiciaire de Versailles.

 

le 19 février 2008 à 18:57
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

18 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Aimar francois, le 20/02/2008 à 16h41

    Michele,quel culot,une belle menteuse,tout simplement. et surtout une habituee,de ce genre de declarations,je me souviens quelle etait venue dire a la france intiere,qu'elle avait bien gerer l'affaire.en parlant d'un navire qui avait traverse la moitie du globe pour revenir au meme point avec une perte de plusieurs millions d'euros.

  • Paul, le 20/02/2008 à 09h15

    Fuites OK mais pourquoi autoriser pour autant les journalistes a assister aux perquisitions ? Il suffisait de leur interdire l'accès aux immeubles ! De deux pourquoi ne pas immaginer que les principaux suspects aient pu profiter eux aussi de ces fuites !!! Cele ne fait décidemment pas sérieux !!

  • Pietro, le 20/02/2008 à 07h45

    Au fait, en parlant de LA ministre... Si un policier est blessé, ne devrait-on pas dire LE victime ??? C'est une bonne quession, ça, hein !

  • GAUCHE/DROITE, le 20/02/2008 à 07h43

    Etrange comme les fuites n'ont pas profité à tous puisque le maire de la ville n'a été informé qu'une heure après le début de l'opération alors que les journalistes etaient informés la semaine précédente! Merci de publier.

  • Isip, le 20/02/2008 à 04h23

    En marge de cette affaire d'arrestation musclée des personnes impliques dans les émeutes de Villiers le Bel, et de l'hostilité de la population contre sa police, je vous raconte une histoire somme tout banale, mais tellement révélatrice de l'incohérence policière. Un contrôle de police a l'entrée d'une cité sensible dans la 93. Des individus qu'on appelle communément "jeunes", qui roulait sur un sens interdit au milieu des enfants qui sortait des deux écoles tout proches, a très vive allure, sous le nez des policiers, tout en les injuriant copieusement tandis que les fonctionnaires de l'État s'acharnait sur une pauvre conductrice parce que son enfant n'avait pas le rehausser a l'arrière de sa voiture ou était assise son enfant,attaché avec la ceinture de sécurité. Voila l'incohérence la plus totale des policiers qui tape sur les faibles pour montrer qu'ils sont forts. Voila comment la police devient "l'ennemi d'en face" pour toute la population, même ceux qui était pour l'ordre et la justice. Ou trouvez vous de l'intelligence dans leur agissements ? Dans ce cas, ça vous étonne que chaque action de la police est ponctuée des fuites, des actes d'hostilité de la part de la population, même ceux qui sont les victimes de la barbarie des dites "jeunes", ceux même qui terrorise la population de ces cartiers ? Lequel des deux est l'ennemi le plus dangereux pour la population : les "jeunes" ou la police ?

  • Romuald, le 20/02/2008 à 00h20

    Compte tenu des violences extrêmement graves contre les forces de l ordre et la destruction de biens publics, la tolérance zéro doit prévaloir. Il est facile de parler de prévention sans cesse, mais sous n'importe quel prétexte ces jeunes enflamment les quartiers! Sans etre la seule solution, la répression est une réponse. Les minis motos sont interdites sur la voie publique, et ils roulaient sans casque et à gauche! Et on devrait les excuser et accuser la police?! Ces voyous méritent les assises!

  • Pit, le 19/02/2008 à 23h20

    Mais bien sûr... Et la marmotte, elle met le chocolat dans le papier d'alu !!! Mais pour qui nous prend t on !!

  • Touabd, le 19/02/2008 à 21h35

    Je suis convaincu que le timing de ces actions n'est pas un pure hazard donc en partie les propos de bayrou et sego sont vrais.

  • ILIEN, le 19/02/2008 à 21h22

    Arretez de nous prendre pour de la chair a voter ,qui peut encore croire leurs dires , que de mensonges au nom du dieu urne

  • Bernard, le 19/02/2008 à 21h20

    Madame Royal et "le père de ses enfants" ont encore une fois raté une belle occasion de se taire.

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience