Intervention d'un millier de policiers à Villiers-le-Bel (18 février 2008) © TF1/LCILa justice a ordonné mercredi le réexamen de la responsabilité des policiers qui étaient en collision avec une mini-moto, tuant deux jeunes en 2007 à Villiers-le-Bel.
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Les images de l'opération policière
Ségolène Royal : "une façon d'influencer l'opinion"
Un millier de membres des forces de l'ordre mobilisés, des journalistes prévenus pour une opération menée tambour battant devant caméras et appareils-photos : le déploiement de force de Villiers-le-Bel, pour interpeller les auteurs de violences contre des policiers survenues fin novembre dans cette ville, était-il justifié ? Ségolène Royal en doute. L'opération est un "vieux réflexe de politique spectacle sécuritaire" de Nicolas Sarkozy pour masquer ses échecs en matière économique et sociale avant les municipales, a déclaré lundi l'ex-candidate socialiste à la présidentielle. "Quand des caméras accompagnent des opérations policières massives en période municipale, je pense que c'est une façon d'influencer l'opinion, de vouloir faire peur". Sur la même ligne, le Parti socialiste demande "une enquête" du ministère de l'Intérieur pour déterminer comment la presse a été avertie de l'opération.
Réaction similaire de la part de François Bayrou. "Il est nécessaire de respecter le droit, la loi et la justice, et des incidents comme ceux qui ont eu lieu doivent avoir des suites", a déclaré le président du MoDem sur Europe 1. "Mais il semble que la presse a été conviée, et là je suis nettement plus réservé. J'ai toujours considéré que la justice ne devait pas s'accompagner d'une mise en scène. La justice, c'est fait pour obtenir l'arrestation et moins pour faire de la communication", a-t-il ajouté. S'il y en a un, en tout cas, qui n'était pas convié à l'opération, c'était... le maire de Villiers-le-Bel, le socialiste Didier Vaillant. Il s'est offusqué lors d'une conférence de presse d'avoir été prévenu par la préfecture à 6h02, "après les médias".
L'Unsa-police dénonce la "présence massive des médias"
La procureure de Pontoise a choisi de répondre uniquement sur la mobilisation policière : "Les méthodes d'intervention" utilisées lundi matin "étaient à la hauteur des faits criminels" qui s'étaient déroulés dans la ville, a-t-elle estimé. L'importante médiatisation de l'opération n'était par ailleurs souhaitée ni par le parquet ni par les policiers agissant sur commissions rogatoires des juges d'instruction, a-t-elle précisé. La même magistrate, présente lundi matin lors de l'intervention policière, avait déjà plaidé : "J'espère que les habitants comprendront que nous sommes là pour rétablir l'ordre et la paix". Plus directe encore, à la question de journalistes "Villiers-le-Bel, opération spectacle ?" la porte-parole de l'UMP Nadine Morano a répondu du tac au tac, en marge d'un point de presse : "opération efficacité".
Sans remettre en cause l'efficacité de ces méthodes, l'Unsa-police, premier syndicat de police, a dénoncé pour sa part la "surmédiatisation" de l'opération de police, un fait qui risque toujours de mettre "en danger la sécurité des fonctionnaires intervenant pour faire leur travail". Et le syndicat d'ajouter : "on est en droit de s'interroger sur les raisons de cette présence massive des médias dès 5 heures sur les lieux de l'intervention". Même angle pour la réponse de Michèle Alliot-Marie : tout en saluant "une très belle opération, une opération très réussie, réalisée dans le calme", elle a dit, devant des journalistes conviés pour l'occasion Place Beauvau, regretter "profondément que des fuites aient conduit à une médiatisation importante de cette opération, parce que cette médiatisation pouvait avoir des conséquences graves, nuire à (sa) bonne réalisation".
D'après agence
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