La chute mortelle d'une télécabine à Chamonix, le 1er mars 2008, reconstitué © TF1-LCIArés la mort d'un homme de 32 ans samedi à Chamonix tombé d'une télécabine, c'est la solidité de la cabine qui est mise en doute. Un "test" mené par la gendarmerie lundi matin, lors de la mise en situation des trois passagers et amis de la victime, "interroge sur la solidité du matériel", a déclaré le procureur de la République de Bonneville. "Un seul gendarme s'est appuyé assez fortement sur le plexiglas" de la télécabine "qui a cédé", a précisé le procureur, ajoutant que l'opération avait été répétée pour un résultat identique.
"Ce test interroge sur la solidité du matériel étant entendu qu'on n'a pas à s'appuyer sur le plexiglas", comme l'ont fait la victime et un de ses amis, a-t-il ajouté, précisant qu'il s'agit juste d'un test et que "seules les expertises pourront dire si les cabines présentent ou non des défauts". Car le test n'a pas de valeur juridique. Mais ses résultats ont tout de même été transmis au procureur avant enquête. Et lLes constatations de la gendarmerie ont été transmises à l'autorité de contrôle des télécabines, le Bureau des remontées mécaniques, afin qu'une expertise administrative soit menée pour vérifier "s'il existe un danger quelconque pour d'autres utilisateurs" de la télécabine de Chamonix qui fonctionne toujours.
"Aucune raison qu'un tel accident se produise"
"Ce test pose la question de l'éventuelle, je dis bien l'éventuelle responsabilité, qui serait liée à un défaut de cette cabine", a-t-il ajouté, précisant que "seules les expertises pourront dire si les cabines présentent ou non des défauts". "Il est évident que si on est assis normalement et qu'on se fait transporter normalement il n'y a aucune raison qu'un tel accident se produise", a-t-il souligné.
Parallèlement, une enquête administrative a été ouverte pour examiner les conséquences de l'accident, a-t-on appris auprès de la préfecture de Haute-Savoie. Un expert doit rendre rapidement ses conclusions. Fabriquées par le Suisse CWA, les cabines de Planpraz, qui transportent 400.000 usagers par an, ont été installées en 1992 et révisées régulièrement depuis.
Pas mis en examen
Dans l'immédiat, les amis de la victime ne sont pas poursuivis. "On a estimé qu'il n'y avait pas de faute telle qu'elle justifiait une présentation au procureur de la République et une mise en examen", a déclaré Michel Belin ajoutant : "ça ne veut pas dire que leur responsabilité soit totalement écartée". Le procureur a ainsi insisté sur les comportements "anormaux" de la victime et de ses trois amis d'enfance, qui ont emprunté la télécabine passablement éméchés et qui ont chahuté debout, alors que le règlement oblige l'usager à rester assis. L'accident a failli coûter la vie à un autre homme, qui a basculé dans le vide en même temps que la victime avant d'être rattrapé in extremis "par les pieds par son frère".
Le procureur a confirmé l'ouverture d'une information judiciaire contre X pour homicide involontaire, confiée à un juge d'instruction qui sera chargé d'ordonner l'expertise de la cabine et des mises en examens éventuelles. Les résultats des analyses toxicologiques et de l'autopsie de la victime, qui sera réalisée lundi soir, seront connus ultérieurement.
(D'après agence)
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