Quand les policiers "tombaient à terre", les tireurs "riaient"

Par , le 03 mars 2008 à 15h49 , mis à jour le 03 mars 2008 à 18h53

Témoignage - le policier Patrick Calvet revient sur les circonstances dans lesquelles ses collègues ont été attirés dans un guet-apens, puis se sont fait tirer dessus, dimanche, à Grigny.

police policiers banlieue © TF1-LCI

"On a voulu tuer du flic", résume Patrick Calvet, secrétaire régional du syndicat de police Alliance. Pour LCI.fr il revient sur les circonstances dans lesquelles cinq policiers ont été agressés dimanche après-midi à Grigny, dans l'Essonne, dans le quartier réputé sensible de la Grande-Borne. "Six personnes cagoulées s'en sont pris en milieu d'après-midi à la boulangerie Le Fournil. Ces individus ont répandu de l'essence sur le sol et demandé aux employés de "dégager" car ils allaient mettre le feu. Nos collègues ont été alertés par une employée et des riverains. Huit d'entre eux patrouillaient non loin et sont rapidement intervenus sur les lieux. A leur arrivée, les braqueurs ont pris la fuite, mais quelques instants plus tard, ils sont revenus... à trente! Pendant près d'une demi-heure, les policiers ont essuyé jets de pierres et de cocktails Molotov. Deux individus ont également sorti un fusil à pompe et un fusil de chasse et ont tiré volontairement en direction des policiers".

Deux d'entre eux ont été touchés par des volées de plomb, l'un à la cuisse, l'autre au visage. L'un d'entre eux, conduit à l'hôpital, est ressorti lundi après-midi. Trois autres policiers ont été légèrement blessés par des jets de projectiles. Malgré l'intervention rapide des renforts pour les sortir de ce guêpier, "tous sont choqués", note Patrick Calvet. "Quand on part sur une intervention de cette nature, on ne s'attend pas à être reçu à coups de fusils".

"On les retrouvera"
 
Pour Alliance, il ne fait aucun doute qu'il s'agissait d'un guet-apens "L'attaque de la boulangerie n'était qu'un prétexte. Autrement, comment expliquez-vous que les trente gars étaient déjà là, cagoulés ou encapuchonnés, munis de cocktails Molotov et de pierres déjà prêts à être lancés, sans parler des fusils chargés au plomb ! Tout était préparé pour casser du flic. Et quand nos collègues tombaient à terre, ils riaient. Ils étaient contents".
 
Quant aux raisons de cette soudaine flambée de violence : "on ne les connaît pas encore, explique Patrick Calvet. Peut-être que certaines arrestations récentes n'ont pas plu. Depuis les événements de  Villiers-le-Bel, il y a des tensions qui restent". Une enquête est en cours pour remonter jusqu'aux auteurs de ces nouvelles violences contre des policiers. "Il n'y a pas encore eu d'interpellation mais on les retrouvera, insiste Patrick Calvet, qui tient à saluer "le sang-froid de ses collègues qui, malgré les circonstances, n'ont pas riposté aux tirs". La tension était retombée dimanche en fin d'après-midi à Grigny. Lundi, le dispositif de sécurité renforcé a été levé.

La ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, a exprimé "son indignation" et "dénoncé la lâcheté de tels actes". Le syndicat de police Synergie Officiers a, pour sa part, exprimé "son indignation après les violences et la tentative d'assassinat dont les policiers ont été victimes dimanche 2 mars" et réitère "sa volonté de voir réprimer avec la plus grande fermeté ces actes ignominieux qui, faute de réponse judiciaire adaptée, se banaliseront rapidement".

Par Alexandra Guillet le 03 mars 2008 à 15:49
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

8 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Bocquet, le 03/03/2008 à 18h38

    Tant qu'on donnera du sursis à des multi-récidivistes, faut pas s'étonner que les types vont de plus en plus loin.

  • Mike, le 03/03/2008 à 18h14

    J'ai une question: dans votre pays en France, quand un policier se fait tirer dessus, il ne replique pas?????

  • Jean-Luc, le 03/03/2008 à 18h12

    Et c'est la que la gauche reste toujours silencieuse.. Ses petits protégés se rebellent, donc, elle se fait toute petite...

  • Rousseau, le 03/03/2008 à 18h01

    La police devrait etre autorisee a tirer, et cela sans sommation. Et si ca ne plait pas aux delinquants, ils n'ont qu'a arreter de delinquer.

  • Lionel, le 03/03/2008 à 17h09

    Pourquoi n'ont ils pas fais usage de leurs armes ils étaient en légitime défense.la diplomatie a ses limites.

  • Knigge, le 03/03/2008 à 17h09

    C'est normal que cela arrive. la police doit avoir pour consigne de "s'écraser" et de ne pas tirer. mais si des "gens" faisaient ça aux USA, en Russie, en Chine et dans bien d'autres pays, ils se feraient refroidir rapidement. mais comme la police ne riposte pas...ils en profitent.

  • Stephane, le 03/03/2008 à 17h06

    Je suis surpris qu il n y ai aucuns commentaires ou critiques repetées du ps à cette heure ci sur ces evenements....ils sont moins rapide à deguener que sur les dernieres interventions musclees de la police dans les banlieux..merci de me publier

  • Damien, le 03/03/2008 à 17h03

    Je vois beaucoup de documentaires des chaînes américaines avec des interventions policières américaines : tous possedent des caméras embarquées et des fusils à pompe. La personne interpelée ne bouge pas et obéit aux policiers, c'est normal... Quand verra-t'on ce genre d'éuipement dans la police française ? La mentalité française et celle des syndicats est-elle assez évoluée pour ça ? J'émets des doutes...

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience