Vaste opération de police à Grigny le 17 mars 2008 © TF1/LCIDix-neuf interpellations. C'est le résultat d'une vaste opération de police menée au chant du coq lundi dans la cité de la Grande Borne, à cheval sur Grigny et Viry-Châtillon (Essonne). C'est là que, début mars, cinq policiers avaient été blessés par des tirs de plomb. L'objectif était de retrouver les tireurs. Michèle Alliot-Marie a adressé ses "plus chaleureuses félicitations" aux policiers qui ont mené cette opération. "L'exploitation par la police technique et scientifique de nombreux éléments matériels, et de plusieurs traces d'ADN retrouvés sur les lieux de l'agression, a permis plusieurs identifications", précise le ministère de l'Intérieur, dans un communiqué.
A 6 heures, 160 policiers, appuyés par deux compagnies de CRS soit également 160 hommes, ont pénétré dans cette cité. L'opération s'est semble-t-il déroulée dans le calme. Sur les 22 individus recherchés, la police a arrêté 19 personnes, dont la moitié sont des mineurs âgés de 15 à 17 ans. Tous ont été placés en garde à vue. 18 des 19 personnes interpellées lundi matin étaient toujours en garde à vue lundi soir : un majeur a été relâché dans l'après-midi, et la garde à vue de 10 mineurs et 8 majeurs, âgés de 15 à 23 ans, certains connus de la police et de la justice, devait être prolongée.
Grâce à la vidéosurveillance
L'enquête s'est notamment basée sur une vidéo prise par des caméras de surveillance. Deux témoignages sous X ont été recueillis, et de l'ADN avait été retrouvé sur des pierres et des pavés. Aucune arme n'a été retrouvée lors des perquisitions, en revanche, les enquêteurs ont découvert de nombreux téléphones portables.
Le 2 mars, lors de l'agression des policiers, qualifiée de "guet-apens" par Michèle Alliot-Marie, les fonctionnaires avaient été touchés aux cuisses et au bras et l'un d'eux près de la mâchoire. Les affrontements avaient débuté vers 16 heures alors qu'une dizaine de jeunes s'en prenait à une boulangerie du quartier, tentant de mettre le feu à la boutique. A l'arrivée de la police, les jeunes braqueurs avaient pris la fuite avant d'être rejoints par une vingtaine d'autres individus cagoulés. Deux d'entre eux avaient sorti des fusils à pompe, chargés avec du plomb, et fait feu en direction des policiers.
Pas l'ampleur de l'opération de Villiers
Des projectiles et des cocktails Molotov avaient été lancés en direction des policiers, et une voiture avait été brûlée. Certaines personnes avaient été vues en train de manifester leur satisfaction en applaudissant et en levant les bras lorsque les tirs atteignaient leur cible (lire notre article : Quand les policiers "tombaient à terre", les tireurs "riaient").
Comme à Villiers-le-Bel (Val d'Oise), des appels à témoignages anonymes avaient été lancés par la police, mais sans proposition de rétribution. L'opération lancée à la Grande Borne n'a pas l'ampleur de celle de Villiers qui, le 18 février, avait mobilisé près de 1.100 hommes. Elle n'a pas été médiatisée contrairement à celle de Villiers qui avait donné lieu à une polémique entre la gauche et le gouvernement sur cet aspect. "C'est une opération moins vaste et moins attendue", a expliqué le porte-parole du ministère de l'Intérieur Gérard Gachet en précisant que les suspects de tirs contre les forces de l'ordre avaient été "identifiés rapidement".
(D'après agence)
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