Le gendarme mis en examen pour "coups mortels"

Par A.C. (avec agence), le 26 mai 2008 à 07h20 , mis à jour le 26 mai 2008 à 21h53

Le procureur n'a finalement pas retenu la qualification d'"homicide volontaire". Des expertises vont maintenant avoir lieu pour déterminer les causes de la mort.

Les forces de l'ordre devant la gendarmerie de DraguignanLes forces de l'ordre devant la gendarmerie de Draguignan © LCI

Ce n'est finalement pas pour "homicide volontaire" mais pour "coups mortels" que le gendarme soupçonné d'avoir abattu vendredi un homme qui fuyait durant sa garde à vue à Draguignan (Var) a été mis  en examen dans la nuit de dimanche à lundi, a annoncé le procureur de la République de Draguignan. Dimanche en fin d'après-midi, le gendarme a été entendu par les magistrats instructeurs puis placé sous mandat de dépôt et doit être à nouveau présenté devant  le juge des libertés et de la détention dans quatre jours car il a demandé,  comme l'y autorise la procédure, un délai pour préparer sa défense. Après sa mise en examen le gendarme a été évacué du palais de justice sous escorte renforcée, vers une destination qui n'a pas  été précisée.

Outre une autopsie prévue lundi à Toulon, des expertises balistiques et une reconstitution, le procureur a demandé des examens radiologiques pour savoir si la mort pouvait également avoir été causée par le saut de 4,60 m effectué par le fuyard.

Tensions dimanche soir à Draguignan

La qualification retenue par les deux magistrates instructeurs, à savoir des coups ayant entraîné la mort sans intention de la donner, est moindre que celle d'homicide volontaire qu'avait retenue pour l'ouverture de son information  judiciaire le procureur. Le procureur de la République a néanmoins souligné qu'il s'agissait toujours d'une qualification criminelle. La mère de la victime, reçue par le procureur, "s'est  déclarée satisfaite de la décision de justice même si c'est peu par rapport à sa  douleur", a souligné le procureur. "Elle était apaisée d'avoir pu se recueillir sur le corps de son fils", a-t-il ajouté. La famille de la victime s'est constituée partie civile lundi.

Parallèlement, des incidents qui n'ont pas fait de victime ont émaillé la  soirée de dimanche devant le palais de justice de Draguignan où les gendarmes mobiles ont chargé et utilisé les gaz lacrymogènes pour disperser une cinquantaine de  membres de la communauté du voyage, à laquelle appartenait la victime, qui ont  allumé un feu, renversé deux voitures et en ont brûlé une troisième. Dans la nuit de samedi à dimanche, trois véhicules avaient été incendiés  dans la cour de la gendarmerie de Brignoles. Des morceaux de tissu ont été  retrouvés sous les véhicules, confirmant une piste criminelle, selon la  gendarmerie.

Par A.C. (avec agence) le 26 mai 2008 à 07:20
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