Le scénario de la fusillade, selon des témoins

Par Olivier LEVARD, Mathias GARNIER et D.H., le 29 mai 2008 à 22h54 , mis à jour le 30 mai 2008 à 10h00

INFO LCI/LCI.fr - Un témoin accuse les policiers qui ont blessé trois jeunes du Xe arrondissement, à Paris, de les avoir "menacés avec une arme" avant de tirer.

cour des Petites EcuriesCour des Petites Ecuries, dans le Xe arrondissement de Paris © TF1-LCI

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Mon pote a reçu une balle dans le dos
 

Y a-t-il eu bavure dans le Xe arrondissement de Paris dans la nuit de mercredi à jeudi ? Petit à petit, une première version des faits émerge, en attendant le résultat de l'enquête de l'IGS, la police des polices. Interrogés par LCI et LCI.fr, des témoins sur place, pour certains proches des victimes des tirs, ont raconté la scène lors de laquelle trois jeunes gens ont été blessés par balle par deux policiers qui sortaient d'une soirée arrosée.

Si une source policière parle d'une altercation avec une dizaine de jeunes dans la rue, un témoin direct interrogé par LCI et LCI.fr explique qu'ils se trouvait avec un des jeunes touchés, dans une voiture, rue du Faubourg Saint-Denis, devant l'entrée de la cour des Petites Ecuries, quand "deux policiers éméchés ont frappé à la vitre de notre voiture", "la confondant peut être avec celle d'amis". Il les accuse de les avoir alors "menacés avec une arme à feu, tout en les insultant".

"Il s'est alors réfugié dans le hall"

Pris de panique, les occupants de la voiture, "ont alors pris la fuite par la portière opposée". L'un rampant à terre, ce qui lui aurait permis d'éviter les balles, l'autre, fuyant en courant. C'est là "qu'il a pris une balle en plein dos qui l'a traversé au niveau du rein. Il s'est alors réfugié dans le hall d'un immeuble où un habitant l'a trouvé et a appelé les secours".

Une source policière confirme que le jeune homme a été blessé "dans la région du dos". Il est hospitalisé dans un état jugé "sérieux". On ignore encore si les deux autres jeunes gens, - blessé pour l'un aux chevilles pour l'autre sans doute au bas du dos -, étaient encore hospitalisés jeudi soir, mais leur état inspirait "moins d'inquiétudes". Selon un témoin, l'un d'eux était un "jeune qui était descendu fumer dans la rue pour ne pas que ses parents le voient". Un policier a également été blessé durant l'altercation, selon la source policière. Selon un autre témoin, il y a eu "entre 6 et 8 balles qui ont été tirées".

Mais certains éléments restaient confus jeudi soir, des témoins démentant qu'un policier ait été touché sur le moment, d'autres décrivant un des policiers, "celui qui n'a pas tiré", totalement hébété, assis dans le caniveau et dans un état d'alcoolémie avancé juste après la fusillade. Plusieurs témoins affirment ne pas avoir compris que le tireur était un policier, certains croyant même dans un premier temps "à un marginal ou à un clochard". Selon le grand frère du jeune homme le plus sévèrement touché, des perquisitions ont été menées chez ses parents et dans les familles des autres victimes pendant la journée de jeudi.

Ils sont allés "dans deux bars" avant la fusillade

Selon un riverain qui précise que les jeunes sont "du quartier et n'ont pas mauvaise réputation", les deux policiers "avaient passé la soirée dans un premier bar. Puis lorsqu'il a fermé, ils sont allés dans un second bar, à deux pas de là où s'est déroulée la fusillade". Selon les premiers éléments de l'enquête en effet, les deux policiers en poste au service régional des transports (SRPT) chargé de la sécurité dans les transports en commun en région parisienne et dépendant de la préfecture de police de Paris (PP), auraient "bu plus que de raison". Le policier qui a tiré avec son arme de fonction a "été ceinturé par des témoins", toujours selon un riverain interrogé par LCI et LCI.fr.

La ministre de l'Intérieur a aussitôt annoncé que les deux policiers, qui n'étaient pas en service au moment du drame, avaient été "suspendus" de leurs fonctions "à titre conservatoire en l'attente des conclusions et des résultats de l'enquête". L'enquête devait "s'attacher à vérifier si le second policier a tiré des coups de feu également", a fait valoir la source policière.

Par Olivier LEVARD, Mathias GARNIER et D.H. le 29 mai 2008 à 22:54
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3 Commentaires

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  • RAF, le 30/05/2008 à 14h33

    LES POLICIERS DEVRAIENT SOUFFLER DANS L'ALCOOTEST AVANT ET APRES LE SERVICE IL N'Y A PAS DE RAISON POUR QU'ILS Y ECHAPENT

  • DOMINIQUE, le 30/05/2008 à 00h11

    Sans faire le procès de la police, il ne faut pas faire d'amalgame mais là c'est inadmissible que deux policiers soient ivres alors qu'ils sont en possession de leur arme... Il faut que leur autorité de teutelle soit intraitable et en fasse un exemple. Ils doivent être révoqués

  • Alain, le 30/05/2008 à 00h03

    Y'a pas un texte de loi qui interdit de servir de l'alcool plus que de raison? ou un texte qui rend juridiquement responsable celui qui a laissé ses clients boire jusqu'à ébriété complète ? il me semble que si ! Quand à ceux qui ont tirés bourrés, ils n'ont rien à faire dans l'institution police pour laquelle d'ailleurs j'ai beaucoup de respect.

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