Le lieu où un jeune de confession juive a été agressé le 21 juin 2008 dans le XIXe à Paris © TF1-LCICinq mineurs ont été placés en garde à vue après l'agression d'un jeune homme de confession juive dans le XIXe arrondissement de Paris samedi soir. La victime est grièvement blessée et dans le coma. L'adolescent souffre de plusieurs côtes cassées, de fractures au crâne et a été hospitalisé en réanimation à l'hôpîtal Cochin. Il était dimanche à la mi-journée dans un "état stationnaire" avec "un pronostic réservé", a indiqué l'Assistance-publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP). Le Bureau de vigilance contre l'antisémitisme et le CRIF affirment qu'il s'agit d'un acte "antisémite".
Pour l'heure, aucune confirmation n'a été fournie par la police sur ce point. Mais le président Nicolas Sarkozy, qui se rendait justement en Israël dimanche (où Shimon Peres a évoqué ce drame : lire notre article), a fait part dans un communiqué de sa "profonde indignation", assuré "la victime et sa famille de son soutien" et renouvelé "sa totale détermination à combattre toutes les formes de racisme et d'antisémitisme". Le Premier ministre, François Fillon, a promis des "poursuites judiciaires sévères".
Rassemblement tendu, forte présence policière
La ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie a réaffirmé "sa détermination à lutter sans relâche contre toutes les manifestations de racisme, d'antisémitisme et de xénophobie, qui bafouent les valeurs de la République" et assuré que "tout serait mis en oeuvre pour élucider les circonstances de cet acte et présenter ses auteurs devant la justice". De son côté la ministre de la Justice Rachida Dati, a "condamné avec la plus grande fermeté la violente agression", demandant au procureur de la République de "donner des instructions pour que les auteurs de cet acte inqualifiable" soient "poursuivis avec la plus grande rigueur".
Plusieurs centaines de personnes se sont réunies dimanche après-midi dans une ambiance tendue, rue Petit à Paris, théâtre de l'agression. Le rassemblement qui devait être un moment de recueillement s'est vite transformé en de vifs échanges entre membres des différentes communautés. Les journalistes, photographes et cameramen ont également été pris à parti. "Nous sommes ici pour soutenir Rudi !" a lancé un membre de la communauté juive avant de demander une minute de silence sans pouvoir l'obtenir. Quelques prières ont toutefois été dites alors que plusieurs personnes réclamaient justice en hurlant : "on a prié hier, aujourd'hui c'est fini !".
Jean-Jacques Giannesini, conseiller UMP de Paris, est venu rappeler qu'il avait réclamé huit jours auparavant des renforts de police. "Le problème de fonds est le trafic de drogue et des voyous qui, ne sachant que faire le samedi après-midi, s'attaquent aux jeunes juifs qui font shabbat", a-t-il expliqué à la presse. Dominique Sopo, président de SOS Racisme, était également venu dénoncer "un acte extrêmement grave". En début de soirée, la tension était toujours palpable malgré une forte présence policière dans le quartier.
Le maire du XIXe veut des renforts
Le maire socialiste du XIXe arrondissement, Roger Madec, qui condamne "fermement" l'agression, a demandé le déploiement d'effectifs de police supplémentaires dans son secteur afin d'apaiser les tensions entre communautés qu'il juge fortes. Bertrand Delanoë a également tenu à condamner "avec la plus totale fermeté ces faits insupportables" et assure "la jeune victime ainsi que ses proches de (sa) plus grande solidarité".
Dans un communiqué, le président du Bureau National de Vigilance Contre l'Antisémitisme (BNVCA) dit avoir été "informé vers 23 h 45 qu'un jeune Juif de 17 ans a été agressé à coups de barre de fer" par un groupe de "6 ou 7" jeunes "qui lui ont fracassé le crâne". Selon nos informations la victime démunie de papiers d'identité en raison de l'observance du Shabbat a été transportée dans un hôpital par les services d'urgence qui l'ont trouvé gisant sur le sol". Ses agresseurs étaient, selon un témoin cité par la police, des jeunes hommes d'origine africaine.
"Il portait une kippa"
Le père du jeune homme juif a estimé dimanche sur RTL que son fils avait été agressé "parce qu'il portait une kippa et qu'il est juif". "On était shabbat, mon fils avait la kippa sur la tête et il rentrait à la maison. Une bande d'une quinzaine de jeunes l'auraient agressé parce qu'il avait une kippa et qu'il est juif. Je n'en sais pas plus que ça. Il est toujours dans le coma (...) Moi et ma femme, on est dans tous nos états", a-t-il raconté en rentrant d'une visite à l'hôpital.
Selon le BNVCA, la victime est connue "de la communauté juive du quartier" même si "personne ne connaît à cet instant son identité". Le président du BNVCA, selon lequel le jeune homme "ferait partie de la communauté Loubavitch", dit avoir été alerté "par une personne du quartier". Toujours selon lui, l'adolescent "serait dans le coma", une information qu'il dit avoir vérifiée "auprès des services de police".
Ariel Goldmann, vice-président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), a quant à lui affirmé dimanche que "le jeune homme (...) portait une kippa et il n'y a aucun doute qu'il s'agit d'un acte antisémite".
(D'après agence)
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