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| Les précisions d'Hélène Lecomte sur les circonstances de l'agression |
Les cinq mineurs placés en garde à vue après des affrontements au cours desquels un adolescent de confession juive a été grièvement blessé samedi à Paris, ont été placés sous le statut de témoins assistés. La juge Géraldine Rigollot, qui les a entendus dans la nuit de mardi à mercredi, n'a pas suivi les réquisitions du parquet qui demandait leur mise en examen et leur placement en détention provisoire pour violences volontaires en réunion, aggravées par le caractère antisémite de l'agression et le port d'arme. Le statut de témoin assisté, à mi-chemin entre celui de simple témoin et celui de mis en examen, signifie que la magistrate considère ne pas disposer de suffisamment d'éléments pour leur imputer l'infraction. Ce statut leur donne, ainsi qu'à leur avocat, accès au dossier d'instruction.
Au cours d'une conférence de presse mardi, le procureur de la République de Paris, Jean-Claude Marin, avait indiqué que quatre d'entre eux étaient susceptibles d'avoir pris part à l'affrontement au cours duquel Rudy H., 17 ans, a été blessé dans la rue Petit, dans le XIXe arrondissement samedi vers 19 heures. Le parquet imputait au cinquième mineur la participation à une agression contre deux jeunes gens de confession juive le même jour vers 17 heures dans le quartier des Buttes-Chaumont.
Un "règlement de comptes" ?
Le procureur avait expliqué que cette agression s'inscrivait dans des affrontements entre groupes rivaux avec un "antisémitisme par incidence". "De manière assez primaire on a une sorte d'identification à une communauté présupposée africaine ou noire d'un côté, à une communauté juive de l'autre", a-t-il déclaré, ajoutant qu'"on ne retient pas une volonté d'agresser particulièrement une personne d'origine juive mais un membre de cette bande de jeunes juifs". Quant à la victime de la bagarre, le jeune Rudy, plongé dans le coma pendant 36 heures après qu'on lui eut "sauté à deux pieds dessus" au sol, d'après un témoin, il "ne se souvient de rien", selon sa mère. "Il peut y avoir des bagarres (...) mais là ce n'est pas une bagarre, c'est une agression, on a voulu tuer mon fils", a-t-elle déclaré.
L'agression a été qualifiée d'antisémite par plusieurs organisations ainsi que par le nouveau Grand rabbin de France, Gilles Bernheim. En visite d'Etat en Israël, le président Nicolas Sarkozy s'est dit "particulièrement choqué de ce qui est arrivé à un jeune Français, sous prétexte qu'il portait une kippa". Mais des riverains témoins de la scène ont semblé plaider pour la thèse du "règlement de comptes" entre jeunes juifs et jeunes noirs, qui seraient habitués à en découdre dans ce quartier populaire. L'adolescent agressé était déjà connu de la justice pour des "incidents à caractère intercommunautaire" en décembre 2007 à Paris. Il avait été placé sous contrôle judiciaire après une mise en examen pour des violences, et savait "qu'il devait se tenir tranquille", a déclaré mardi son avocate Me Francine Berrebi-Freoa, précisant qu'une instruction
était toujours en cours. Mercredi, l'adolescent a quitté l'hôpital Cochin pour l'hôpital Saint-Anne.
(D'après agence)
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