Un "climat de tension et de violence" pointé du doigt

le 24 juin 2008 à 14h07 , mis à jour le 24 juin 2008 à 21h09

Début juin, un rapport tirant la sonnette d'alarme sur la situation dans le centre de rétention avait été remis aux ministres de l'Immigration et de l'Intérieur.

Le centre de rétention de Vincennes après l'incendie (23 juin 2008)Le centre de rétention de Vincennes après l'incendie (23 juin 2008) © TF1/LCI

Deux jours après l'incendie qui a entièrement détruit le centre de rétention de Vincennes, la Cimade, seule association habilitée dans ces centres, a révélé mardi qu'un rapport officiel remis le 5 juin au ministre de l'Immigration Brice Hortefeux et à la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie tirait la sonnette d'alarme sur la situation dans le centre de Vincennes. Dans ce rapport était notamment pointé du doigt le "climat de tension et de violence qui règne de façon permanente dans tous les [centres de rétention administrative] et spécialement à Vincennes, où un rien suffit à mettre le feu aux poudres", selon les extraits rendus publics par l'association.

"Le reproche majeur qu'on peut lui adresser est de réaliser en un même lieu géographique la concentration permanente de 260 à 270 retenus administratifs dont certains séjournent pour la durée maximale prévue par la loi [soit 32 jours] et s'estiment victimes d'une injustice en égard à leurs conditions de vie antérieures", insiste la Commission.

"Un drame humain qui aurait pu être catastrophique"

Par ailleurs, le Premier ministre François Fillon a estimé mardi que l'incendie de dimanche était lié à "une situation explosive due à l'importance de l'immigration". "On a échappé dans cet incendie à un drame humain qui aurait pu être catastrophique", a dit le Premier ministre. "C'est un incendie d'origine criminelle et ceux qui l'ont initié seront poursuivis par la justice", a-t-il ajouté.

L'incendie, qui a presque détruit dimanche après-midi les deux bâtiments du centre de rétention administratif de Vincennes, le plus grand de France, et où étaient enfermés 273 étrangers en instance d'expulsion, a été déclenché après le décès d'un Tunisien, retrouvé mort d'une crise cardiaque dans sa chambre samedi. Depuis fin 2007, le centre est le théâtre de vives tensions. Les associations des droits de l'Homme dénoncent régulièrement le climat délétère qui y règne, avec notamment une multiplication des tentatives de suicide, d'auto-mutilations et interventions régulières et musclées des forces de police. Alliance, le second syndicat de gardiens de la paix, a d'ailleurs dénoncé un "manque d'effectifs" de police dans ce centre. Selon la préfecture, "41 fonctionnaires de police" surveillaient dimanche les retenus lorsqu'a éclaté l'émeute au cours de laquelle l'incendie s'est déclaré. Un policier du Syndicat Général de la Police SGP-FO avait évoqué pour sa part la présence de seulement 10 surveillants.

31 étrangers libérés

Trente-et-un anciens retenus du centre de rétention administrative de Vincennes, transférés dans divers autres centres à la suite d'un incendie de dimanche, ont été libérés pour divers motifs (fin de rétention, décision au tribunal administratif ou tribunal de grande instance, décision de la préfecture), selon la Cimade. L'association a par ailleurs appelé les pouvoirs publics à libérer l'ensemble des ex-retenus de Vincennes "compte tenu des événements particulièrement traumatisants traversés par les étrangers en rétention, et qu'ils semblent avoir été privés de la possibilité réelle d'exercer leurs droits". Un tel geste "serait un signe d'apaisement", a déclaré Laurent Giovannoni, secrétaire général de la Cimade.

D'après agence

le 24 juin 2008 à 14:07
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