Image extraite d'une vidéo amateur filmée lors de la fusillade © DR![]() |
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"Des négligences inacceptables" ont été commises et devront "être sanctionnées", a déclaré le président Nicolas Sarkozy, qui s'est déplacé lundi au chevet de victimes à Carcassonne et Toulouse. "Toute la chaîne" militaire impliquée dans ce drame "devra s'expliquer", non seulement le sergent, mais aussi "l'encadrement", a-t-il dit. "La réaction sera rapide et sévère", a averti le président, chef des armées, avec à ses côtés le ministre de la Défense Hervé Morin et le général Bruno Cuche, chef d'état-major de l'armée de Terre. Mardi matin, Hervé Morin a surenchéri en demandant des "sanctions immédiates" dans l'affaire de la fusillade de Carcassonne "sans attendre les conclusions des enquêtes judiciaire et de commandement".
La garde à vue du sergent, qui a tiré à balles réelles sur la foule lors d'un exercice de démonstration, a été prolongée, a indiqué lundi le procureur de la République de Montpellier, Brice Robin, en charge de l'enquête. Parallèlement à l'enquête judiciaire, une "enquête de commandement" a été diligentée par l'armée.
Un réflexe
Le sous-officier, sous les drapeaux depuis huit ans et bien noté par sa hiérarchie, devrait être présenté mardi au juge d'instruction. Une circonstance aggravante devrait être retenue contre lui pour non-respect des règles de sécurité. La garde à vue de trois autres militaires, qui participaient à la même démonstration, a été levée.
Pour la justice, qui dispose de plusieurs films du drame, dont un tourné "en temps réel" par un militaire, l'"erreur humaine" ne fait aucun doute. Le sergent, dont le test d'alcoolémie s'est révélé négatif, s'est trompé entre balles réelles et munitions à blanc, pourtant distinctes, "lorsqu'il a rechargé son arme", selon le procureur.
Il avait sur lui plusieurs chargeurs, a-t-il poursuivi. "Le malheur a voulu qu'il choisisse par réflexe un chargeur qui était dans une poche et qui malheureusement contenait des balles réelles", a ajouté M. Robin. Ces balles provenaient "d'un résidu de tirs d'une opération qui remontait à fin juin. Il n'est pas normal qu'il les ait eues sur lui", a-t-il poursuivi.
'Arrêtez le feu'!
L'exercice des parachutistes du 3e RPIMa, basé à Carcassonne, consistait à "extraire un otage". "Il y a eu à chaque fois quatre militaires qui tiraient à balles à blanc. Tout s'était très bien déroulé jusqu'à la malheureuse sixième représentation" de la journée, a rappelé le procureur. Les soldats reculaient deux par deux, a-t-il expliqué, et c'est en se retirant que le sergent a dirigé son arme contre un adversaire potentiel. La justice devra notamment éclaircir la raison pour laquelle "le supposé ennemi est sorti de la foule au milieu notamment de jeunes enfants qui étaient dans des poussettes", a ajouté M. Robin.
Le procureur a souligné que d'autres films, dont un tourné par un Anglais, étaient en possession de la justice. "Sur le coup, les gens tombaient, on a cru que ça faisait partie de l'exercice, et puis on a vu du sang!", a raconté à l'AFP un témoin de la fusillade. "Immédiatement, un responsable a crié au micro depuis le camion-sono: 'Arrêtez le feu+!', a poursuivi ce témoin, âgé de 44 ans et qui a souhaité rester anonyme.
Cinq enfants figurent parmi les blessés dont un garçonnet de 3 ans touché au coeur et au bras. Sur les 17 blessés, 15 sont des civils et deux des militaires. L'état des blessés est "encore préoccupant" mais il "évolue dans le bon sens", a déclaré Nicolas Sarkozy à sa sortie de l'hôpital pour enfants du CHU Purpan de Toulouse.
(D'après agence)
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