Image d'archive © TF1/LCILe Grand rabbin de France, Gilles Bernheim, n'a plus aucun doute sur le caractère antisémite de l'agression d'un jeune juif de 17 ans samedi à Paris. Gilles Bernheim qui remplace Joseph Sitruk, avait d'abord appelé à la prudence, dimanche, il avait estimé que l'agression était "probablement" antisémite mais déclarait ne pas en être certain.
Interrogé sur Radio J, mardi, il a expliqué son revirement : "Nous étions dimanche soir, je sortais d'une journée d'élection où rien n'avait filtré", a-t-il justifié. "On ne peut employer certains mots qu'en pleine connaissance de cause c'est-à-dire avec des communiqués du ministère de l'Intérieur. (...)Aujourd'hui, cet acte est antisémite, cela a été confirmé hier soir lundi. (...) Ce qui vient de se passer ce week-end est quelque chose d'immonde, notoirement antisémite, d'une rare violence", a martelé le Grand Rabbin, qui a également indiqué s'être rendu au chevet de la victime lundi après-midi.
Gilles Bernheim a également dénoncé la présentation de la victime comme "étant connue des services de police". Il a estimé que l'évocation du passé du jeune homme, interpellé "après des incidents à caractère intercommunautaire" le 9 décembre 2007, selon une source policière, n'avait "aucun rapport avec l'agression". "Lorsque l'on veut tuer un juif, lorsqu'on veut le massacrer", a-t-il dit, "il n'y a aucune justification, aucune légitimation à cet acte. Je veux être d'une clarté absolue là-dessus, ce garçon était à terre, ce garçon a été non seulement frappé mais quasiment écrasé par des pieds, des coups de poing", a-t-il ajouté, citant notamment la famille de la victime. "Ce garçon a protégé un ami, peut-être a-t-il commis une maladresse à ce moment là, peut-être dans un mouvement de foule s'est-il passé des choses qui dépassent le cadre de l'intention de ce garçon".
Règlements de compte
Le Grand Rabbin de France a conclu en affirmant "adresser des prières" pour qu'il n'y ait "pas de séquelles irréversibles chez ce garçon" et pour que cet acte ne soit suivi "d'aucune autre violence" ou "vengeance".
Mais les premiers éléments de l'enquête ne permettent pas à l'heure actuelle de confirmer la version du Grand Rabbin. Le patron d'un bar-tabac situé à quelques mètres du lieu de l'agression, a évoqué lundi au micro de RTL un "règlement de comptes entre petites bandes" . "Aux alentours de 18 heures, il y a un groupe de jeune juifs qui sont arrivés, ils étaient approximativement une vingtaine qui se sont dirigés vers le square au niveau de la rue Petit et qui sont allés directement agresser des jeunes et puis après, il s'en est suivi une altercation assez violente" a déclaré l'homme, qui n'a pas donné son nom mais qui affirme avoir été témoin direct de la scène.
Selon les premiers témoignages, l'agression a eu lieu vers 20 heures. Pour le président du Bureau national de Vigilance contre l'antisémitisme, Sammy Ghozlan, le jeune Rudy, qui suit une formation professionnelle de plombier, "n'appartient à aucune bande, il n'est pas membre du Betar ou de la LDJ" (ligue de défense juive)".
(D'après agence)
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