Le centre de rétention de Vincennes après l'incendie (23 juin 2008) © TF1/LCILa préfecture avait reconnu un "flottement" dans les opérations de comptage, dimanche soir, après l'incendie qui avait éclaté dans le centre de rétention de Vincennes. On avait évoqué successivement 50 retenus échappés sur 249, un nombre ramené lundi matin à 14 manquants, puis à un seul. Mais à cette confusion sur les chiffres s'est ajouté depuis un rebondissement dans la procédure. Car à la suite de l'incendie, les occupants restants ont été évacués et d'abord transférés dans le gymnase de l'école de police situé à proximité, puis dans la cour. Ils sont ensuite partis vers des centres de Paris, Nîmes, Toulouse, Lille et Palaiseau, selon le député apparenté communiste Jean-Pierre Brard, une démarche que leurs avocats ont aussitôt exploitée pour faire annuler leur rétention en justice. Selon France Info, 11 des retenus auraient ainsi été relâchés pour divers vices de procédure - comme le non-respect de la présentation devant un juge des libertés et de la détention.
Le Centre de rétention de Vincennes, situé dans le 12ème arrondissement de Paris, est le théâtre de vives tensions depuis fin 2007. Les associations des droits de l'Homme dénoncent régulièrement le climat délétère qui y règne, avec notamment une multiplication des tentatives de suicide, d'auto-mutilations et interventions régulières et musclées des forces de police. Alliance, le second syndicat de gardiens de la paix, a d'ailleurs dénoncé un "manque d'effectifs" de police dans ce centre. Selon la préfecture, "41 fonctionnaires de police" surveillaient dimanche les retenus lorsqu'a éclaté l'émeute, consécutive à la mort d'un retenu tunisien, au cours de laquelle l'incendie s'est déclaré. Un policier du Syndicat Général de la Police SGP-FO avait évoqué pour sa part la présence de seulement 10 surveillants.
Pas de changement de politique
Le Premier ministre François Fillon a réagi en affirmant mardi qu'il n'avait pas l'intention de changer de politique en matière d'immigration. «C'est une politique de respect des lois (...) On n'a pas à être sur le territoire national quand on n'a pas les papiers et l'autorisation pour y être», a déclaré François Fillon. Le député UMP des Yvelines Etienne Pinte s'est désolidarisé de la position du gouvernement. Il a jugé que le "drame" du CRA de Vincennes était "malheureusement prévisible" car la politique d'immigration du gouvernement a provoqué des "situations explosives".
Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP, a quant à lui, dénoncé le comportement du Réseau Education Sans Frontières estimant qu'il "n'est pas tolérable que des collectifs, type RESF viennent faire des provocations aux abords de ces centres au risque de mettre en danger des étrangers retenus". C'est en effet pendant que se déroulait à l'extérieur une manifestation de soutien que des retenus auraient mis le feu à des matelas. L'incendie avait commencé vingt minutes après le début de la manifestation. RESF a rétorqué que la "responsabilité" incombait au ministre de l'Immigration Brice Hortefeux et au président de la République.
La préfecture a de son côté indiqué qu'une "enquête (était) en cours pour établir l'ensemble de la chaîne de responsabilité matérielle", rappelant que la manifestation, dimanche devant le centre de rétention, au lendemain de la mort du retenu tunisien suite à une crise cardiaque, n'avait pas été déclarée en préfecture. Et concernant cette mort, l'enquête de police est toujours en cours. Elle précise que le Tunisien était frappé d'une interdiction définitive du territoire prononcée par la cour d'appel de Paris et était connu pour "des faits de délinquance grave et réitérée, sous de multiples identités, notamment en matière de trafic de stupéfiants, de violences et de viol".
D'après agence
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