Qui voulait la peau de Jean-Claude Colonna ?

le 17 juin 2008 à 09h02 , mis à jour le 17 juin 2008 à 09h35

Les enquêteurs s'interrogent sur le meurtre de cet homme "quasi-inconnu" de la police, mais dont un proche était accusé de liens avec le grand banditisme corse.

PoliceLa police

Les enquêteurs se perdent en conjectures sur les mobiles de l'assassinat de Jean-Claude Colonna. Ce viticulteur présenté comme "quasiment inconnu des services de police", propriétaire du Clos Colonna, un cru réputé, a été trouvé lundi soir mortellement touché d'une balle à la tête, au volant de son véhicule tout terrain sur une petite route à Pietrosella, entre deux ponts. Une véritable opération commando : "L'embuscade était très bien préparée, il ne pouvait pas s'échapper compte tenu de la configuration des lieux", a précisé un enquêteur.

Pourquoi de tels moyens pour tuer un viticulteur sans histoire ? Si lui-même n'apparaissait pas dans les fichiers de la police, un de ses parents, Jean-Baptiste Jérôme Colonna, dit "Jean-Jé", était lui beaucoup plus connu des enquêteurs. Il était réputé avoir appartenu à la French Connection, cette organisation criminelle qui faisait transiter de l'héroïne depuis la région de Marseille jusqu'aux Etats-Unis dans les années 50-60, et il avait effectué une longue cavale avant sa disparition en 2006, à l'âge de 67 ans, dans un accident de voiture. Son casier judiciaire était vierge de toute condamnation grave, mais son nom avait été abondamment cité dans le dossier de cette filière, sans qu'il subisse de condamnation définitive dans ce dossier.

Le parcours chaotique de "Jean-Jé"

En fait, il avait été condamné en 1978 à Marseille à 17 ans de prison pour avoir été l'un des organisateurs de la célèbre filière de la drogue. Mais son procès en appel, retardé pour des raisons mal expliquées, n'a jamais eu lieu et les faits ont été prescrits en 1985, année de son retour en Corse, au terme d'une cavale de 10 ans en Amérique latine.

Dans un rapport parlementaire de 1998, "Jean-Jé" était décrit comme "le seul parrain corse". Une affirmation qu'il avait démentie en août 2002, dans une interview au mensuel Corsica : "Je n'ai jamais été et ne serai jamais le parrain de la Corse", avait-il assuré au mensuel, reconnaissant seulement avoir côtoyé le "milieu" pour venger son père assassiné en 1955.

En 2004, il avait mis fin à deux ans d'une nouvelle cavale en se présentant au procureur d'Ajaccio, à la veille d'un procès pour emplois fictifs dans deux supérettes et un hôtel de luxe à Propriano, gérés par son épouse. Il avait alors été condamné, ainsi que sa femme, à 36 mois de prison, dont six fermes mais était sorti libre du tribunal correctionnel, aucun mandat de dépôt n'ayant été requis à l'audience.

D'après agence

le 17 juin 2008 à 09:02
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience