L'entrée du fort de Corbas © LCILa découverte, vendredi, de la disparition de 28 Kg d'explosifs dans un site de la Sécurité Civile de Corbas, près de Lyon, fait polémique. Le premier point d'achoppement concerne le lieu où les explosifs étaient stockés. Le préfet de police du Rhône, Xavier de Fürst, a expliqué samedi sur RTL qu'il n'était "pas habituel et surtout pas autorisé" d'entreposer ce type de matériaux sur le site de la sécurité civile du Fort de Corbas. Pire encore, il a révélé que le fort de Corbas ne disposait d'aucun moyen de protection particulier depuis sa vente au ministère de l'Intérieur en 2005. "Le fort de Corbas a été revendu par la Défense au ministère de l'Intérieur en 2005. Il était protégé à l'époque par des caméras, mais aujourd'hui, il ne reste que les carcasses. Des travaux étaient prévus en 2009 pour remettre des caméras et renforcer les entrées", a -t-il précisé.
"Un dossier (pour autoriser le stockage d'explosifs dans le fort) était en cours d'instruction (...) C'était un très bon endroit pour implanter ce genre de site puisqu'il n'y a aucun danger pour les populations alentours et ils (les responsables du site ) ont baissé leur garde, c'est un excès de confiance", a dénoncé Xavier de Fürst. Le fort de Corbas "dépend entièrement du ministère de l'Intérieur, d'ailleurs le dossier d'autorisation est instruit à Paris. Il est évident que si les choses s'étaient passées normalement, la préfecture et le maire de la commune auraient été au courant", a-t-il ajouté, précisant que les explosifs se trouvaient là "probablement depuis janvier ou février 2008".
"Une affaire prise très au sérieux".
Outre le lieu de la disparition, la date à laquelle ils ont été dérobés suscite également des interrogations. Si le vol a été constaté, vendredi, il semblerait qu'elle ait eu lieu il y a plusieurs jours. "Ces explosifs se trouvaient là probablement depuis début 2008: le chef du centre a anticipé le fait qu'il aurait une autorisation fin 2009 mais les mesures de sécurité n'étaient pas encore en place", a-t-il déploré. "C'est le centre de déminage qui a jugé plus commode de les stocker à cet endroit mais il a anticipé une autorisation à venir", a poursuivi le préfet, précisant que ni le maire de la commune, ni la préfecture, ni les gendarmes "n'étaient au courant" de ce stockage. Une enquête préliminaire a également été ouverte par le Parquet.
La ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, est également montée au créneau vendredi soir, pointant du doigt "des défaillances avérées dans la sécurisation de ce site ". Elle "a immédiatement suspendu le chef de centre et diligenté une enquête administrative interne", selon un communiqué du ministère. Si l'affaire fait grand bruit, c'est en partie en raison de la dangerosité des produits dérobés. Dix kilos de Semtex peuvent casser un avion en deux mais un seul kilo de cet explosif, bien placé dans un appareil, peut conduire à une dépressuration telle qu'elle conduira à la chute de l'avion. Selon une source judiciaire, "c'est une affaire prise très au sérieux".
(D'après agence)
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