Vol d'explosifs : le site sans protection depuis 2005

le 19 juillet 2008 à 13h44 , mis à jour le 19 juillet 2008 à 16h48

Selon le préfet de police du Rhône, le site où étaient entreposés les explosifs, était sans protection depuis sa vente au ministère de l'Intérieur en 2005.

L'entrée du fort de CorbasL'entrée du fort de Corbas © LCI

La découverte, vendredi, de la disparition de 28 Kg d'explosifs dans un site de la Sécurité Civile de Corbas, près de Lyon, fait polémique. Le premier point d'achoppement concerne le lieu où les explosifs étaient stockés. Le préfet de police du Rhône, Xavier de Fürst, a  expliqué samedi sur RTL qu'il n'était  "pas habituel et surtout pas  autorisé" d'entreposer ce type de matériaux sur le site de la sécurité  civile du Fort de Corbas. Pire encore, il a révélé que le fort de Corbas ne disposait d'aucun moyen de protection particulier depuis sa  vente au ministère de l'Intérieur en 2005. "Le fort de Corbas a été revendu par la Défense au ministère de l'Intérieur  en 2005. Il était protégé à l'époque par des caméras, mais aujourd'hui, il ne  reste que les carcasses. Des travaux étaient prévus en 2009 pour remettre des  caméras et renforcer les entrées", a -t-il précisé.

"Un dossier (pour autoriser le stockage d'explosifs dans le fort) était en  cours d'instruction (...) C'était un très bon endroit pour implanter ce genre de  site puisqu'il n'y a aucun danger pour les populations alentours et ils (les  responsables du site ) ont baissé leur garde, c'est un excès de  confiance", a dénoncé Xavier de Fürst. Le fort de Corbas "dépend entièrement du ministère de l'Intérieur,  d'ailleurs le dossier d'autorisation est instruit à Paris. Il est évident que si  les choses s'étaient passées normalement, la préfecture et le maire de la  commune auraient été au courant", a-t-il ajouté, précisant que les explosifs se  trouvaient là "probablement depuis janvier ou février 2008".

"Une affaire prise très au sérieux".

Outre le lieu de la disparition, la date à laquelle ils ont été dérobés suscite également des interrogations. Si le vol a été constaté, vendredi, il semblerait qu'elle ait eu lieu il y a plusieurs jours. "Ces explosifs se trouvaient là probablement depuis début 2008: le chef du  centre a anticipé le fait qu'il aurait une autorisation fin 2009 mais les  mesures de sécurité n'étaient pas encore en place", a-t-il déploré. "C'est le centre de déminage qui a jugé plus commode de les stocker à cet  endroit mais il a anticipé une autorisation à venir", a poursuivi le préfet,  précisant que ni le maire de la commune, ni la préfecture, ni les gendarmes  "n'étaient au courant" de ce stockage. Une enquête préliminaire a également été ouverte par le Parquet.

La ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, est également montée au créneau vendredi soir, pointant du doigt "des défaillances avérées dans la sécurisation de ce site ". Elle  "a immédiatement suspendu le chef  de centre et diligenté une enquête administrative interne", selon un communiqué  du ministère. Si l'affaire fait grand bruit, c'est en partie en raison de la dangerosité des produits dérobés. Dix kilos de Semtex peuvent casser un avion en deux mais un seul kilo de cet  explosif, bien placé dans un appareil, peut conduire à une dépressuration telle qu'elle conduira à la chute de l'avion. Selon une source judiciaire, "c'est une affaire  prise très au sérieux".

(D'après agence)




 
 
 

le 19 juillet 2008 à 13:44
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