Une voyageuse accuse la sécurité de la RATP

le 19 juillet 2008 à 11h36 , mis à jour le 19 juillet 2008 à 11h44

Une jeune femme a déposé une plainte pour violence contre la RATP et trois de ses agents de sécurité.

Bus de la RATPBus de la RATP © TF1/LCI

Les faits remontent au 26 avril dernier à Colombes, dans les Hauts-de-Seine, mais la plainte de la jeune femme qui affirme avoir subi des violences de la part d'agents de sécurité de la RATP est beaucoup plus récente : elle date de jeudi dernier seulement. Et il s'agit en fait d'une contre-attaque à une plainte déposée par ces mêmes agents, qui pourrait se retourner contre eux et déboucher sur une procédure pour dénonciation calomnieuse.

La plaignante, une jeune secrétaire de 24 ans, assure avoir été violemment prise à partie par trois agents de sécurité, qui auraient de plus laissé seul son fils de sept ans après l'avoir sortie du bus où elle circulait. A l'origine, un contrôle des titres de transport qui avait mal tourné : alors qu'elle se trouvait dans un bus avec son enfant, la jeune femme avait refusé de délivrer son titre de transport aux agents du Groupement de protection et de sécurisation des réseaux (GPSR) de la RATP, craignant que l'absence de photo sur son abonnement ne justifie une amende. "Il faut savoir que trois semaines plus tôt, dans les mêmes circonstances, un de ces agents lui avait délivré trois amendes, pour absence de la photo, refus d'obtempérer et trouble à la tranquillité dans un bus", explique l'avocat de la plaignante, Me Yassine Bouzrou.

Ce qu'a dit le témoin de la scène

Selon la plainte, qui s'appuie sur la déposition d'un homme présent lors des faits, deux agents l'ont alors empoignée de façon musclée à sa descente du bus, puis collée contre un mur et plaquée au sol, genoux sur le dos. La jeune femme aurait également été "menottée avec violence", un usage de la force disproportionné selon son avocat, qui dit disposer d'un certificat médical révélant des ecchymoses aux poignets. Un troisième agent du GPSR se serait rendu complice des violences en empêchant un individu de venir en aide à la jeune femme.

La plainte, déposée au parquet de Nanterre, fait également état d'un délaissement de mineur - le fils de l'usagère. Selon l'avocat, lorsque les policiers sont arrivés sur place à la demande des agents du GPSR pour emmener la jeune femme au commissariat, ces derniers n'ont pas signalé la présence de l'enfant, resté seul dans la rue avant qu'une passante ne le prenne en charge et ne l'emmène au poste de police.

Deux des trois agents du GPSR avaient dans un premier temps déposé plainte contre la jeune femme pour violence, plainte qui a finalement été classée sans suite par le parquet de Nanterre le 20 juin, selon Me Bouzrou. D'où une possible procédure pour dénonciation calomnieuse à l'encontre des agents. Enfin, la RATP est elle-même poursuivie en tant que personne morale, car elle avait, depuis le début, choisi de couvrir ses agents.

D'après agence

le 19 juillet 2008 à 11:36
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