Le lieu du hold-up perpétré à Aniche, près de Lille, contre une société de transport de fonds (21 août 2008) © TF1/LCISix hommes en armes ont effectué un hold up dans la nuit de mercredi à jeudi dans les locaux d'un transporteur de fonds à Aniche, à 45 kilomètres de Lille, dans le département du Nord. Les hommes ont pénétré dans les locaux en faisant sauter le mur d'enceinte à l'explosif. Mais au-delà du butin d'1,6 million d'euros, le scénario du hold-up tient du film de gangsters.
Les faits remontent à 4h du matin. Alertés par les systèmes de sécurité à distance, trois policiers en tenue de la brigade de nuit d'Aniche tombent nez à nez avec deux individus cagoulés, en treillis et en arme, qui ouvrent le feu, à peine sortis d'une brèche dans le mur. Ces malfaiteurs, comme l'établiront par la suite les enquêteurs, avaient dans un premier temps neutralisé "de manière assez rudimentaire" les grilles d'accès au site de la société, avant de faire exploser une grille d'accès à la salle de comptage et une petite trappe dans cette salle. Ils avaient ensuite pu sortir l'argent de la salle de comptage pour regagner leurs véhicules, emportant plusieurs armes de convoyeurs de fonds... et se retrouvant soudain face aux policiers.
"Une société qui est souvent visée"
Reculant devant la violence des tirs, les policiers croient à des renforts en voyant arriver deux véhicules banalisés équipés de girophares. En fait, il s'agit de quatre complices des malfaiteurs, munis de brassards de la police, qui arrosent de tirs le véhicule de police. Malgré l'arrivée de vrais renforts de police, les forces de l'ordre ne parviendront pas à empêcher les malfaiteurs de prendre la fuite. La fusillade n'a fait aucun blessé. Mais l'un des véhicules de police présente des impacts de balle. Quant aux trois employés de la société présents au moment des faits, ils se sont réfugiés dans une salle sécurisée, et n'ont eu aucun contact direct avec les malfaiteurs. Ils ont toutefois été choqués et hospitalisés.
Au delà du caractère extrêmement violent du hold-up, les personnels de police que LCI.fr a pu contacter jeudi matin pointent le système de sécurité du dépôt. Ce dernier a déjà été la cible de malfaiteurs, notamment l'été dernier. "C'est une société qui est souvent visée, notamment parce qu'elle est dans une zone déserte", a-t-on fait remarquer de source policière. "Les conditions de sécurité posent sans doute question mais ce n'est pas un problème de police". L'enquête a été confiée à la Police judiciaire de Lille et à l'Office central de lutte contre le crime organisé.
S'inquiétant d'une "montée inquiétante de la violence", le syndicat Unsa-Police a par ailleurs déploré dans un communiqué le fait que "le département du Nord (soit) victime, comme beaucoup d'autres, d'un manque d'effectifs".
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