Valentin, 11 ans, poignardé à mort à Lagnieu, dans l'Ain, le 29 juillet 2008 © Le Parisien/Aujourd'hui en FranceL'audition comme simple témoin d'un jeune homme d'une vingtaine d'années habitant un appartement HLM à Lagnieu (Ain), dans le cadre de l'enquête sur le meurtre de Valentin, 11 ans, s'est achevée jeudi soir. "L'audition est terminée, et le jeune homme est rentré chez lui", a indiqué le capitaine Olivia Poupot, officier de communication de la gendarmerie.
Selon des témoignages d'habitants de la résidence HLM, située à environ un kilomètre de l'endroit où le corps de Valentin avait été découvert, une dizaine de gendarmes étaient arrivés jeudi en fin d'après-midi et avaient perquisitionné un logement au quatrième et dernier étage d'un des immeubles. Son occupant principal avait quitté les lieux en compagnie des gendarmes, non-menotté. Le jeune homme a été entendu en début de soirée pendant près de deux heures. "Il n'a pas été interpellé", avait d'ailleurs précisé le capitaine Poupot, indiquant que le jeune homme avait suivi les gendarmes de son plein gré. Interrogée sur la raison pour laquelle les enquêteurs se sont intéressés à l'appartement de ce témoin, le capitaine Poupot a démenti tout lien avec les traces de sang qui s'étendent de façon disparate sur plus d'1 km depuis l'endroit où a été retrouvé l'enfant mort lundi soir, et qui s'arrêtent à quelques dizaines de mètre de la HLM. "Ce ne sont pas des traces biologiques" qui ont conduit les enquêteurs à ce jeune homme, a-t-elle assuré.
Les parents hors de cause
Jeudi soir, la mère de Valentin a appelé, sur France 5, le meurtrier de son fils à se rendre à la gendarmerie et à avouer un "acte affreux" qui a "plongé toute une famille en détresse". Une marche silencieuse est prévue dimanche matin à Porcieu-Amblagnieu en mémoire de Valentin, dont les obsèques se tiendront lundi matin à Hières-sur-Amby, en Isère.
Quant au sang des vêtements de l'enfant, les analyses ont permis d'isoler "une empreinte génétique inconnue de type masculin, qui n'appartient pas à l'enfant", a indiqué un peu plus tôt le procureur de la République de Bourg-en-Bresse, selon qui les parents sont "en l'état" mis hors de cause. Car il est déjà établi que l'empreinte ne correspond pas à celle des parents.
"L'empreinte a été transmise au fichier national" (*) à des fins de comparaison, a ajouté le magistrat, qui n'a pas donné de délai pour l'obtention des résultats. La gendarmerie procède désormais à des prélèvements auxquels personne ne s'est encore opposé. Les enquêteurs vont notamment vérifier les empreintes "des personnes qui ont pu approcher l'enfant au cours de la journée et de la soirée" de sa mort, a poursuivi le procureur, précisant toutefois qu'il n'y aura pas de "prélèvement systématique sur la population de Lagnieu".
Un homme entendu à Agen
Reste aussi à comparer l'empreinte détectée avec l'ADN du gardé à vue à Agen. Un homme de 49 ans est en effet interrogé là-bas depuis mercredi soir, pour avoir tenu des propos incohérents dans un bar à propos du meurtre d'un enfant et du département de l'Ain.
Mais, jeudi à la mi-journée, les enquêteurs n'avaient établi "aucun lien" avec l'affaire du petit Valentin (lire notre article). L'audition a permis d'établir qu'il s'agit d'un ressortissant belge recherché par la police de son pays pour des violences. Sa garde à vue était prolongée.
Mort après avoir tenté de se défendre
Les traces de sang, souvent à peine visibles, s'étendaient -sur la devanture d'une pharmacie, devant un bar, sur une gouttière ou sur le trottoir- sur plus d'un kilomètre et demi. Toute la zone avait été bouclée mardi après-midi par les gendarmes afin que des prélèvements soient effectués.
Lundi soir, le jeune garçon était sorti faire une promenade à vélo. Son corps a été retrouvé vers minuit dans une mare de sang, très près de la maison où il séjournait, chez le compagnon de sa mère (en instance de divorce). Il a été frappé d'une quarantaine de coups de couteau, certains très violents, et est mort après avoir tenté de se défendre, selon les examens médico-légaux. Rien n'a permis d'établir encore si le garçon connaissait ou nonson agresseur.
(*) La justice dispose depuis 2000 d'un Fichier national des empreintes génétiques, qui rassemble environ 800.000 profils de personnes condamnées ou mises en cause pour des crimes et délits. Ce fichier a permis depuis sa création 10.000 rapprochements entre une trace et un individu.
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