Nouvel incendie dans un centre de rétention

le 03 août 2008 à 08h24 , mis à jour le 03 août 2008 à 16h25

Après celui qui avait partiellement détruit le centre de Vincennes, ce nouveau sinistre s'est déclaré samedi au centre de rétention du Mesnil-Amelot.

Le centre de rétention de Vincennes après l'incendie (23 juin 2008)Le centre de rétention de Vincennes après l'incendie (23 juin 2008) © TF1/LCI

L'incident n'est pas sans rappeler celui qui avait conduit à la destruction partielle du centre de rétention administrative de Vincennes (en langage administratif, le CRA de Vincennes), dans les derniers jours de juin : des retenus en colère avaient incendié les bâtiments du centre au lendemain de la mort d'un retenu tunisien. Cette fois cependant, les conséquences ont été moins spectaculaires.

Les faits se sont produits samedi après-midi au centre de rétention du Mesnil-Amelot, en Seine-et-Marne, non loin de l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle. Des incendies ont éclaté dans deux des chambres. Vers 17h30, de la fumée était ainsi aperçue, sortant du bâtiment, alors qu'une quarantaine de militants de SOS Soutien aux sans papiers manifestaient devant le centre. Il pourrait s'agir, là encore, d'incendies volontaires, provoqués par des retenus ayant mis le feu à leurs matelas. Ce procédé était déjà celui qui avait été utilisé par des retenus lors de l'incendie du centre de rétention de Vincennes.

Le feu rapidement maîtrisé

Selon un retenu du centre, "deux cellules ont été incendiées" à une vingtaine de minutes d'intervalle. Les gendarmes, selon lui, ont alors fait "sortir tout le monde des chambres" pour les "regrouper sur le terrain de foot", en faisant "usage de gaz lacrymogènes". Cette fois cependant, le feu "a été vite circonscrit par les gendarmes, puis par les pompiers, qui assurent la veille" du centre, a-t-on indiqué à la gendarmerie. Un fourgon et un camion des pompiers sont arrivés en renfort peu de temps après, ainsi que des gendarmes pour maintenir l'ordre.

La préfecture de Seine-et-Marne a accusé dimanche ceux qui avaient manifesté samedi devant le centre de rétention  du Mesnil-Amelot d'avoir "incité" au mouvement de  révolte des retenus. Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP, a  accusé dimanche le PS d'"attitude totalement irresponsable." Le député affirme dans un communiqué que l'incendie dans ce centre est "à  nouveau, comme lors de l'incendie du centre de Vincennes, le résultat de  l'incitation à la violence par un collectif d'extrême gauche", ajoutant qu'"il y  aurait pu y avoir des morts". L'UMP demande, "outre des suites judiciaires à cette affaire", que les  "collectifs d'extrême gauche et autres groupuscules violents ne puissent plus  manifester à proximité de ces centres, au risque de provoquer des actes de  violence, mais qu'ils ne soient autorisés à le faire que devant les  préfectures".

Faouzi Lamdaoui, secrétaire national du PS à l'égalité, a jugé dimanche, à  propos de ces incidents, que "la politique injuste du gouvernement crée des  situations dangereuses tout à fait inacceptables". Et pour Rodolphe Nettier de SOS Soutien aux sans-papiers, "s'il y a eu émeutes  et incendie (...) c'est uniquement parce que les forces de l'ordre empêchaient  (les retenus) de manifester et donc d'avoir accès à leurs droits fondamentaux". Et l'organisation de dénoncer "la politique raciste et la politique du chiffre qui  font que ces sans-papiers sont traités comme des animaux, sans aucune dignité".

D'après agence

le 03 août 2008 à 08:24
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