"Aucune chance" de survie pour les 8 disparus

le 24 août 2008 à 09h29 , mis à jour le 25 août 2008 à 13h49

Il n'y a "aucune chance" de survie, a affirmé Michèle Alliot-Marie qui a survolé le Mont-Blanc du Tacul où les recherches ont été suspendues dimanche après-midi.

avalanche mont-blanc taculL'avalanche au Mont-Blanc du Tacul le 24 août 2008 © TF1-LCI

> L'avalanche la plus meurtrière depuis près de 10 ans
> MAM au chevet des blessés
> Qu'est-ce qui a déclenché l'avalanche meurtrière ?
 

Huit blessés et huit disparus. C'est le dernier bilan de l'importante avalanche qui s'est produite dans la nuit de samedi à dimanche au Mont-Blanc du Tacul, dans le massif du Mont-Blanc. La préfecture avait précédemment fait état de dix personnes disparues. Les recherches entreprises dans la nuit pour retrouver les victimes ont été suspendues dimanche en milieu d'après-midi "en raison d'un risque d'effrondrement des plaques" de neige, selon les gendarmes.

Et la ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, qui s'est rendue sur place (lire plus bas), a estimé dimanche qu'il n'y avait plus "aucune chance de retrouver quelqu'un vivant". "Il est extrêmement difficile de savoir avec certitude combien de personnes ont été prises dans l'avalanche. Grâce aux moyens techniques, nos avons la certitude qu'il y a des gens sous l'avalanche, mais il est impossible de savoir combien exactement", a ajouté la ministre parlant d'une "avalanche monumentale", "sans échappatoire" pour les alpinistes. Les corps "sont sous un amas de pierre et de glace, quelque chose de très compact", a-t-elle dit, après un survol de la zone en hélicoptère. La ministre a également confirmé que deux italiens, donnés dans un premier temps comme disparus, avaient pu "repartir par leurs propres moyens". "Il est impossible de savoir quand les recherches reprendront. La zone est très fragilisée, et il ne faudrait pas que les équipes de secours soient emportées par une nouvelle avalanche", a-t-elle ajouté.

5 Français et 3 Italiens blessés

Selon les éléments communiqués à LCI par le peloton de gendarmerie de Chamonix, l'avalanche s'est produite à 3.600 m d'altitude vers 3h du matin. Longue de 200 m et large de 50 m, elle aurait été déclenchée par une chute de sérac qui aurait provoqué une coulée de neige. Pourtant, les conditions météorologiques étaient "excellentes", selon les gendarmes. Un guide de haute-montagne a aussitôt donné l'alerte, vers 3h15. Parmi les blessés figurent : cinq Français et trois Italiens, âgés de 26 ans à 37 ans. Ils ont été retrouvés "visuellement", coincés pour certains dans la neige alors que d'autres avaient réussi à se dégager par eux-mêmes. Ils ont été évacués vers les hôpitaux de Sallanches et de Chamonix.
 
La ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, a rencontré dans l'après-midi à l'hôpital de Sallanches plusieurs blessés. "Il s'agit de l'un des accidents les plus importants en terme de disparus que nous ayons eu depuis des années. Il me paraissait important de saluer les blessés et de rendre hommage à tous ceux qui sont intervenus et bien entendu au personnel hospitalier", a déclaré la ministre. "La montagne est un milieu extrêmement dangereux même quand on la connaît bien", a-t-elle conclu avant de se rendre à Chamonix pour rencontrer l'ensemble des équipes (dont gendarmes, sapeurs-pompiers, médecins, secouristes) engagées dans les recherches.

Un Français mort dans le Piémont italien

Le maire de Chamonix, Eric Fournier, a pris un arrêté pour la journée de dimanche interdisant aux alpinistes l'accès au Mont-Blanc du Tacul. "Il est probable d'après les recoupements des témoignages que malheureusement des cordées se soient retrouvées sur l'itinéraire de montée et à l'endroit où le sérac a balayé la face", a affirmé le maire. Le Mont-Blanc du Tacul est un sommet qui culmine à 4.248 m, situé entre l'Aiguille du Midi et le Mont Maudit et qui se trouve sur une voie d'accès au Mont-Blanc. La face nord du Mont-Blanc du Tacul, très fréquentée par les alpinistes.

Par ailleurs, un alpiniste français a été retrouvé mort au fond d'un ravin dans le Val Chisone, dans le Piémont (Alpes, nord-ouest de l'Italie), près de la frontière française. Depuis le début du mois de juin, plus de 100 personnes sont mortes ou ont été portées disparues dans les Alpes - françaises, suisses et italiennes (lire notre article).

(Avec agences)
 

le 24 août 2008 à 09:29
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

9 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Fred, le 24/08/2008 à 19h19

    Une chute de sérac ( qui a provoqué l'avalanche ) n'a absolument rien à voir avec le réchauffement climatique, on pourrait même dire qu'en cas de refroidissiment, il y en aurait plus les glaciers augmentant leurs vitesses de descente. Donc je suggère aux abrutis qui voient dans chaque accident de ski, d'escalade ou d'alpinisme, la main diabolique du réchauffement, de rester chez eux à regarder Koh-Lanta, et surtout de foutre la paix aux gens qui pratique la montagne et à leurs familles. Au revoir les neuneus.

  • Un alpiniste, le 24/08/2008 à 18h01

    Pascaline est excusée, mais si Michel habitait vraiment Aix les Bains, il s'abstiendrait de tout jugement à l'emporte pièce et saurait qu'une chute de sérac peut intervenir à n'importe quelle heure du jour et de la nuit car un glacier n'est pas inerte !! Du fait de sa masse et de la gravité, il avance plus ou moins rapidement, mais il avance ! Certes certains paramètres météo peuvent influer (je pense notamment à certains orages violents), mais dans tous les cas, il est évidemment réducteur de brandir l'étendard du réchauffement climatique ! Et puis : NON A LA MONTAGNE INTERDITE !

  • Pat, le 24/08/2008 à 17h05

    Bon courage aux familles des victimes et encore un grand coup de chapeau aux équipes de secouristes et aux autres qui, au peril de leurs vies, se démènent pour sauver celles des autres.

  • Chacha, le 24/08/2008 à 16h20

    Je suis originaire de Chamonix.... Une catastrophe de plus mais malheureusement on connait... Les gens qui s'aventurent en montagne sont au fait qu'il peut leur arriver quelque chose et que la montagne c'est comme la mer: un milieu qui ne pardonne pas. Interdire les sommets l'été je pense que cela ne changera rien car des drames et des accidents il y en a en toute saison... 3H du matin c'est tôt, l'imprudence n'est même pas à évoquer parlons plutôt de malchance. Pour les montagnards comme nous l'imprudence et la méconnaissance nous font bondir quand on entend parler d'imprudence. Mais la malchance c'est d'être au mauvais endroit au mauvais moment..... Mais mourir en montagne pour des alpinistes n'est ce pas le plus beau lieu??... Quand on pense à P. Cordier qui est mort il y a quelques années dans un accident de la route.....

  • Jean Guy, le 24/08/2008 à 15h41

    Je m'associe à la douleur des personnes qui ont perdu des proches, mais en tant que pratiquant passionné de la montagne, je me dois de rétablir quelques petites choses sur les commentaires. Le réchauffement climatique n'a aucun lien avec l'accident qui s'est produit. Les chutes de séracs (ici reprise sous le terme "avalanche"...) sont toujours imprévisible depuis que l'Homme pratique l'alpinisme et cela quelque soit la saison, la météo, la direction du vent, ou si vous avez bien éteint votre réveil ce matin... On appelle cela de dangers "objectifs" lié à la pratique de la montagne. Ils sont impondérables et non maitrisables. Pendant 3 mois il ne va rien se passer et du jour au lendemain, un morceau se détache sans prévenir... Je ne veux absolument pas dire que les accidents font parti de la pratique de la montagne. Mais les alpinistes vont là bas en connaissance de cause. J'ai personnellement réalisé de nombreuse fois cette ascension et il est certain que l'on a pas envie de s'attarder dans la zone à risque. Mais de là à vouloir interdire de pratiquer la montagne à certaine période... La montagne reste le dernier terrain de liberté totale et de toute façon, les pratiquants évolue déjà sous leur propre responsabilité. Donc à quoi cela servirait? Pondre une loi pour qu'un ministre y' appose son nom? Bref, les accidents en montagne font toujours les choux gras des journalistes. D'ailleurs on ne parle de montagne qu'en cas d'accidents tragique... Tout cela est bien malheureux.

  • Cédric, le 24/08/2008 à 14h05

    Arrêtons de tout mettre sur le dos du réchauffement climatique ! Si des passionnés meurent en montagne chaque année, c'est normal. Et malgré la plus grande prudence ça continuera à arriver. Et arrêtons de vouloir interdire tout ce qui peut tuer. Le simple fait de vivre conduit déjà au risque de mourir. Laissons les gens assouvir leurs passions avec les risques que cela implique. Une vie avec zéro risque serait une vie asseptisée et sans aucun piment. La nature de l'Homme est comme ça ; alors continuons à vivre de nos passions, et à mourir parfois plus tôt que prévu...

  • Chris, le 24/08/2008 à 14h02

    Le rechauffement climatique n'a rien a voir avec l'avalanche! Trop de neige et beaucoup de vent ces derniers jour ce qui créer des plaques à vent.C'est la chute du serac qui a declanché cette catastrophe,pas le rechauffement...

  • Pascaline, le 24/08/2008 à 13h32

    Nous sommes avertis aujourd'hui du problème du réchauffement planétaire...(merci l'homme!!) Combien faudra-t-il encore d'allertes de ce genre ,qui mettent des vies en danger, pour que l'on se décide enfin à reconnaitre que devant les éléments nous sommes tout petit petit petit et que RAISON ET SAGESSE sont nos seules armes face à la nature !! Bon courage aux familles des disparus et des blaissés.

  • Michel, le 24/08/2008 à 13h09

    Ne faudrait il pas dans l avenir interdire le mont blanc et certains sommets en juillet et aout , si il y a vraiment des changements climatiques . 3 heures du matin c est tot pour une catastrophe meme une avalanche

Lire tous les commentaires

      logAudience