Ce patient qui fait peur au service de psychiatrie

le 30 septembre 2008 à 06h59 , mis à jour le 30 septembre 2008 à 07h02

A Marseille, le service psychiatrie de l'hôpital de La Conception est en grève pour protester contre la venue d'un malade jugé dangereux.

[Expiré] couloir hopital santé © sxc.hu

L'homme est un malade particulièrement dangereux. Et le personnel du service psychiatrie de l'hôpital de La Conception, à Marseille, estime ne pas avoir les moyens d'accueillir. Il s'est donc, fait rare, mis en grève lundi pour protester contre l'arrivée de ce nouveau pensionnaire. "Il ne s'agit pas de refuser l'admission d'un patient car nous sommes conscients de nos devoirs républicains mais nous ne pouvons pas réaliser cet accueil dans des conditions satisfaisantes", a expliqué Gérard Avena, responsable du syndicat Sud-santé, l'une des deux organisations, avec la CGT, à avoir appelé à la grève. Une pétition a été signée par "175 agents sur les quelque 240 que compte le pôle psychiatrique de la Conception", a-t-il précisé.

Selon un infirmier qui s'est exprimé sous couvert d'anonymat, le patient en question constitue une vraie menace, compte tenu de l'insuffisance des effectifs. "Il n'est plus possible d'accueillir ce genre de malades dans les hôpitaux psychiatriques publics. C'est trop dangereux pour tout le monde. Il faudrait des structures adaptées à ces malades", a-t-il expliqué.

Conception de la psychiatrie contre insuffisance du personnel

La direction de l'Assistance Publique-Hôpitaux de Marseille, pour sa part, estime qu'il est de sa mission d'accueillir ce type de patients. "Les conditions structurelles d'accueil et d'organisation dont nous disposons permettent son accueil", a expliqué Didier Stingre, directeur en charge du secteur psychiatrie. "De manière à apaiser les craintes des personnels, nous avons accepté de poster un vigile à proximité", a-t-il ajouté. Le directeur ajoute que ce malade en provenance de l'Unité pour malades difficiles de Montfavet, dans le Vaucluse, n'a pas vocation à rester en permanence dans ce type de centre sauf à revenir à une conception de la psychiatrie qui voudrait que l'on enferme a priori et à perpétuité tout patient violent.

Mais les inquiétudes du personnel s'appuient sur une expérience déjà cuisante. Car la dernière fois que cet homme, mesurant plus de 2 m pour 140 kilos, a été accueilli à la Conception, "il a racketté et frappé des malades, il a tapé sur du personnel, il a cassé une cellule de contention, nous avons été obligés de le bloquer à 19 personnes", selon Gérard Avena. Ce dernier passage date de 2003 et les infirmiers avaient observé une grève de sept mois pour tenter de trouver une solution. Ils avaient obtenu onze postes supplémentaires. Mais depuis lors, selon Gérard Avena, ces créations ont été absorbées par la mise en place des RTT.

D'après agence

le 30 septembre 2008 à 06:59
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