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| Ce qu'il s'est passé |
La prise d'otage aura tout de même duré près de 11 heures. Un détenu qui retenait en otage depuis lundi matin un psychologue à la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis, dans l'Essonne, a finalement été maîtrisé lundi soir peu avant 22h et l'otage libéré sain et sauf, a indiqué le ministère de la Justice. Le détenu preneur d'otage "est grièvement blessé avec un pronostic vital menacé", a précisé de son côté la gendarmerie. La ministre de la Justice, Rachida Dati, qui devait -hasard de calendrier- se rendre mardi à Fleury-Mérogis pour marquer la rentrée scolaire en milieu carcéral, s'est rendue sur place.
Depuis plusieurs heures déjà, des hommes du GIGN étaient sur place. Ils négociaient avec le preneur d'otage, un homme de 31 ans, est "condamné à 15 ans de réclusion criminelle pour viol avec arme en mars 2006 par la cour d'assises d'Eure-et-Loir", à l'aide d'un téléphone mural. Car le détenu était dans une coursive du service médico-psychologique de l'établissement. Un lieu qui ne facilitait pas l'issue de la prise d'otage. Une proche du preneur d'otage (sa mère semble-t-il) était même venue sur place afin de tenter de le raisonner. Ses revendications étaient floues et même changeantes. Il aurait ainsi demandé dans un premier temps de changer d'établissement puis une voiture. L'atmosphère était relativement tendue lundi soir dans la maison d'arrêt où les détenus manifestaient bruyamment leur mauvaise humeur après l'annulation des promenades, le report des parloirs et le retard dans la distribution des repas.
"Profil psychologique dur"
Le détenu était venu dans la matinée en consultation en salle de soins d'où il avait fait sortir le psychologue, un homme d'une cinquantaine d'années, pour ensuite le retenir en otage en exprimant "des revendications assez confuses", selon les termes du procureur de la République d'Evry. Il était "très menaçant et très déterminé", avait précisé la gendarmerie. Il avait même en permanence son arme pointée sur la gorge de son otage. Car le détenu, au "profil psychologique dur", était en "possession d'une arme consistant en une lame avec un manche de fabrication artisanale", a poursuivi le procureur. "Une sorte de poinçon", selon le syndicat FO-Pénitentiaire.
Détenu depuis mars 2006 à Chartres, le preneur d'otage avait été transféré en février 2008 à Fleury-Mérogis, quelques jours après sa condamnation à 15 ans de réclusion criminelle --dont 10 ans de période de sûreté-- pour viol avec arme par la cour d'assises d'Eure-et-Loir, selon un autre syndicat de surveillants, l'Ufap (majoritaire). D'après Frédéric Parmentier, secrétaire de ce syndicat à Fleury, le détenu "était déjà connu des services médicaux pour ses antécédents psychologiques et n'avait plus rien à faire en maison d'arrêt". "Il aurait été mieux traité dans un établissement spécialisé", a-t-il déploré. Une maison d'arrêt ne doit en théorie recevoir que les prévenus (détenus en attente de jugement) ainsi que les condamnés dont le reliquat de peine n'excède pas un an lors de leur condamnation définitive.
Dati mardi sur place
La dernière prise d'otage à Fleury-Mérogis, une des plus grandes prisons d'Europe, touchée par la surpopulation, remonte à plus de 23 ans. Le 5 mai 1985 des dizaines de détenus avaient retenu un surveillant et jeté dans la cour des matelas enflammés jusqu'à l'intervention des forces de l'ordre, quelques heures plus tard. Construite sur un terrain de 180 hectares dans les années 60 et d'une capacité de 2.855 places, le centre pénitentiaire comprend une maison d'arrêt pour hommes, un établissement pour jeunes adultes de 18 à 21 ans et une maison d'arrêt pour femmes.
Fleury-Mérogis abrite également un quartier pour mineurs dans lequel la ministre de la Justice, Rachida Dati, doit se rendre mardi pour marquer la rentrée scolaire en milieu carcéral. Au total, l'établissement hébergerait actuellement 3.900 détenus, selon Frédéric Parmentier. La prise en charge des détenus souffrant de troubles psychiatriques dépend du ministère de la Santé. Elle repose sur des consultations en détention par des psychiatres ou, pour ceux les plus atteints, et avec leur consentement, dans les Services médico-psychologiques régionaux (SMPR) qui sont au nombre de 26 pour quelque 200 prisons.
L''état de santé du preneur d'otage s'est "dégradé" |
L'état de santé du détenu de 31 ans qui avait pris en otage lundi un psychologue à la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis et qui a été grièvement blessé par un tir du GIGN s'est "dégradé", a annoncé mardi la garde des Sceaux Rachida Dati. "Actuellement, il est au bloc opératoire", a déclaré à la presse la ministre, en marge d'une visite au centre des jeunes détenus de la prison de Fleury-Mérogis pour la rentrée scolaire. Un peu plus tôt, le procureur de la République avait affirmé par erreur à l'AFP que son état était stationnaire, ajoutant qu'il avait subi une intervention chirurgicale dans la nuit. Selon une source proche du dossier, il se trouvait mardi matin dans le coma, sans pour autant pouvoir préciser s'il s'agissait d'un coma artificiel ou non. Selon une autre source proche du dossier, il se trouve actuellement à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris. (D'après agence) |
(D'après agence)
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