Eleveur persécuté : la justice s'en mêle

le 04 septembre 2008 à 12h17 , mis à jour le 04 septembre 2008 à 14h33

La procédure lancée jeudi par le procureur de la République de Riom porte sur l'abattage des chèvres de l'éleveur, l'incendie d'une grange et des menaces de mort.

TF1/LCI : Exploitation agricole : tracteurExploitation agricole : tracteur © TF1/LCI

Après des mois d'intimidations, "l'affaire Bourgeois", du nom de ce jeune jeune paysan de Teilhet en butte à l'hostilité d'invisibles persécuteurs, prend une nouvelle dimension avec l'ouverture d'une information judiciaire. La procédure lancée jeudi par le procureur de la République de Riom porte, selon une source judiciaire,  "sur trois événements : l'abattage des chèvres de l'éleveur, l'incendie d'une grange et les menaces de mort. On voit une montée  en puissance dans la gravité des faits". La peine la plus lourde encourue par les auteurs est de dix ans de  prison pour destruction d'un bien par incendie.

Jean-Hugues Bourgeois, aujourd'hui âgé de 28 ans, s'était installé dans le Puy-de-Dôme, avec l'ambition d'y développer sa petite exploitation agricole. Originaire des Hautes-Alpes, il avait quitté sa région pour créer un élevage de chèvre bio et ouvrir une fromagerie. Et rapidement, les ennuis avaient commencé. "Au début, tout allait bien, confiait-il il y a quelques jours au Parisien. Mais en 2007, mon voisin agriculteur, avec qui j'avais sympathisé partait à la retraite. Il m'a proposé de reprendre son exploitation de cinquante hectares de terre labourable. A partir de là tout a basculé..." 
 
Sa femme et sa fille menacées
 
Sa vie virait alors effectivement au cauchemar. Un matin, il trouvait dix de ses chèvres tuées au pistolet d'abattage. Et sur sa maison, un tag en disait long sur les motivations de ses agresseurs. "La Boge (le nom de son exploitation) aux paysans. Va-t-en." Pendant plusieurs mois, le jeune homme devait encaisser les rumeurs selon lesquelles il cultiverait cinq hectares de cannabis, et les actes de malveillance : ouverture des enclos pour encourager les chèvres à fuir, pneus du tracteur crevés et, dans la nuit du 8 au 9 août, l'incendie d'un hangar servant à entreposer le foin, et la destruction partielle de sa voiture.

Endetté, Jean-Hugues Bourgeois pensait tout arrêter, mais touchés par son histoire, les associations et certains habitants lui venaient alors en aide en réunissant 15.000 euros. Sans pour autant arrêter les menaces, de plus en plus violentes. Ses ennemis n'ont pas hésité à  recourir aux pires moyens pour intimider le  nouveau venu, allant jusqu'à menacer de mort et de viol sa fille de huit ans. Dans une lettre en forme de cercueil, découverte le 22 août, ils menaçaient ainsi de jeter la fillette "dans un fossé après en avoir fait une femme". Désormais, la justice est saisie.

le 04 septembre 2008 à 12:17
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