© AFP / S. de SakutinC'est bel et bien à cause de l'occupation de la villa de l'acteur Christian Clavier par des nationalistes que le coordinateur des forces de sécurité en Corse, Dominique Rossi, a été démis lundi soir de ses fonctions par le ministère de l'Intérieur qui a confirmé mardi l'information. Il a été muté à l'IGPN (la police des polices).
Face aux critiques (lire plus bas), le ministère a affirmé que c'était la ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie elle-même qui avait pris seule cette décision. Une amnière de démentir toute pression de l'Elysée, alors qu'il est de notoriété publique que l'acteur est ami du président de la République. Quoiqu'il en soit, c'est Gilles Leclair, sous-directeur de la lutte contre la criminalité organisée et la délinquance financière à la DCPJ, qui a été nommé mardi à la place de Dominique Rossi coordonnateur des forces de sécurité en Corse, a annoncé le ministère de l'Intérieur.
"Envahissement de propriété privée"
La sanction qui a été annoncée à M. Rossi par un appel téléphonique du ministère de l'Intérieur, fait suite à sa gestion d'un incident survenu samedi lorsqu'une cinquantaine de militants indépendantistes corses ont occupé pendant une heure le jardin de la villa de l'acteur à Porto-Vecchio (Corse-du-Sud). Les militants nationalistes entendaient ainsi protester "symboliquement et pacifiquement" contre la "spoliation foncière" des Corses sur l'île.
Ils s'étaient rassemblés dans un premier temps devant la mairie de Porto-Vecchio pour protester contre le Plan d'aménagement et de développement durable pour la Corse (Padduc) qui privilégie selon eux "l'économie résidentielle" et encourage l'installation de personnes qui ne sont pas d'origine corse sur l'île. Une partie d'entre eux s'était ensuite dirigée vers la plage de Palombaggia et avait pénétré dans l'enceinte de la maison de l'acteur. Dominique Rossi n'aurait "pas pris les mesures nécessaires pour protéger ce lotissement afin d'empêcher l'envahissement d'une propriété privée", a-t-on précisé place Beauvau.
Ami de Sarkozy
Tout en jugeant "inacceptable" la violation du domicile de Christian Clavier en Corse, François Hollande a affirmé mardi "ne pas vouloir croire" que c'est parce que l'incident impliquait l'acteur, ami de Nicolas Sarkozy, que le responsable des forces de sécurité dans l'île a été sanctionné. Le président du Mouvement démocrate (MoDem), François Bayrou, n'a pas hésité à accuser direfctement. "C'est le fait du prince, ce sont des décisions arbitraires et disproportionnées et qui montrent à quoi on arrive quand les pouvoirs sont ainsi concentrés entre les mêmes mains, quand le copinage avec les puissants remplace la raison d'Etat", a-t-il dit sur France inter. Le député PS Jean-Louis Blanco a estimé quant à lui que l'affaire montrait qu'un "clan avait mis main basse sur la France".
Côté police, Emmanuel Roux, secrétaire général adjoint du Syndicat des commissaires et hauts fonctionnaires de police, a regretté la sanction de Dominique Rossi. De son côté, Frédéric Lefebvre, un des porte-parole de l'UMP, a estimé mardi que Michèle Alliot-Marie "a parfaitement eu raison de prendre" la décision de relever de ses fonctions le coordinateur des forces de sécurité.
Dominique Rossi, contrôleur général, était le chef de l'ensemble des forces de sécurité intérieure en Corse, police et gendarmerie. Il aurait pu faire valoir ses droits à la retraite en avril mais il lui avait alors été demandé de rester dans ses fonctions.
(D'après agence)
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