Le professeur accusé de violences se pend à son domicile

le 20 septembre 2008 à 10h46 , mis à jour le 20 septembre 2008 à 22h44

Bien qu'ayant de "gros problèmes familiaux", la garde à vue du professeur jeudi a pu être "un élément déclencheur" du suicide, selon le procureur de la République.

LCI-TF1/R.Bousquet © LCI-TF1/R.Bousquet

Quelques heures après sa sortie du commissariat de police jeudi, l'enseignant de sciences physiques du collège César-Savart de Saint-Michel, accusé par un des ses élèves de lui avoir donné un coup de poing, s'est suicidé à son domicile. L'homme a été retrouvé pendu vendredi après-midi par les pompiers et les gendarmes. Selon le procureur de la République de Laon, Olivier Hussenet, l'enseignant avait de "gros problèmes familiaux", mais sa brève garde à vue a pu être "un élément déclencheur" du suicide.

L'enseignant de 38 ans avait laissé un mot chez lui annonçant qu'il allait mettre fin à ses jours, et dans lequel "il n'y a rien sur les raisons de son geste", a ajouté le procureur. Selon le magistrat, la vie privée de cet homme, qui avait mis en vente son domicile, "était en train de se défaire". En pleine procédure de divorce, il devait savoir cette semaine si la garde de son enfant lui serait confiée. "Ça a pu avoir une incidence sur le plan professionnel", a-t-il Olivier Hussenet.

Le professeur niait les faits
 
Mardi, l'enseignant aurait eu un différend avec un élève de 15 ans, arrivé en retard en classe. C'est lors d'une explication sans témoin, à la fin de la classe et dans la  salle de cours, qu'il aurait donné un coup de poing à son élève, lequel  avait porté plainte avec ses parents mercredi. Le professeur, qui niait les faits, avait été placé en garde à vue jeudi matin pour violences ayant entraîné une incapacité totale de travail inférieure à huit jours par une personne chargée d'une mission de service  public. Sa garde à vue avait été levée en fin d'après-midi et l'enquête devait se poursuivre pour permettre à la justice de décider des suites à donner à cette affaire.

Dans un communiqué, le syndicat Snes-FSU de l'Aisne a estimé qu'une "fois de plus, on peut s'interroger sur la disproportion des moyens policiers mis en oeuvre avec la nature des faits reprochés à ce professeur". Le Snes voit dans ce drame "l'illustration de la dégradation de la situation de tous les enseignants, qui doivent faire face dans leur quotidien à des jeunes  qui sont de moins en moins encadrés par des personnels qualifiés en nombre suffisants". De son côté, le père du collégien a confié samedi sur Europe 1 qu'il regrettait d'avoir porté plainte. "Mais il n'aurait pas du faire ce qu'il a fait. Qu'on ne frappe pas sur les élèves, c'est tout", a-t-il déclaré.
 
D'après agence

 

le 20 septembre 2008 à 10:46
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