Un avis de recherche pour le petit Antoine, le 14 septembre 2008 © LCI
L'hypothèse n'était pas privilégiée, mais quatre jours après la disparition du petit Antoine, 6 ans, la justice doit bien l'envisager : le garçonnet a-t-il été enlevé ? Dimanche, le procureur de la république a ouvert une information judiciaire pour "enlèvement et séquestration de mineur". Depuis sa disparition, les enquêteurs évoquaient plutôt la possibilité d'une fugue. "Plus le temps passe, plus l'hypothèse de la fugue perd de la consistance et je ne suis pas très optimiste", a déclaré le procureur au palais de justice de Clermont-Ferrand. "Il y a des choses que je peux vous dire et d'autres que je ne peux pas vous dire, car c'est une enquête très difficile que je ne peux pas prendre le risque de compromettre", a-t-il ajouté.
Sur le terrain, les recherches se poursuivent. Une trentaine de gendarmes ratissent le secteur. "On procède à des vérifications sur des endroits où on est déjà passés, notamment des hangars", a expliqué le lieutenant-colonel Pascal Palayer, officier de communication de la Région de gendarmerie d'Auvergne.
Plus vu depuis la rentrée des classes
La mère d'Antoine et son nouveau compagnon, qui habitent un appartement au premier étage d'un immeuble ancien dans le centre d'Issoire, étaient sortis dîner jeudi soir au restaurant entre 20h et 21h15. Selon leurs déclarations, ils avaient constaté la disparition de l'enfant à leur retour. Aucune trace d'effraction n'a été relevée. La mère a été entendue à deux reprises par les enquêteurs et a maintenu ses déclarations, selon le procureur. Serveuse dans un bar-restaurant d'Issoire, la jeune femme avait été condamnée en 2003 à Clermont-Ferrand, pour trafic de stupéfiants à 18 mois de prison dont 12 avec sursis. Son nouveau concubin est également "connu des services de gendarmerie" pour des faits non précisés.
Le procureur a par ailleurs souligné que les enquêteurs n'avaient "aucun témoignage crédible de personnes qui auraient vu l'enfant depuis la rentrée des classes". Antoine avait fait sa rentrée scolaire début septembre mais, dès le deuxième jour, avait manqué l'école en raison, selon sa mère, d'une gastro-entérite, et n'était plus allé en classe depuis. Toutefois, l'enfant "n'a pas vu de médecins, il n'y a pas de certificat médical", a relevé le magistrat, soulignant que "rien ne corroborait" la version de la mère, elle-même en arrêt maladie pour une raison indéterminée. La jeune femme, en outre, n'a jamais "répondu aux appels du directeur de l'école qui s'inquiétait de l'absence de l'enfant", a ajouté le procureur, regrettant que ce dernier n'ait pas alors alerté la gendarmerie.
En attendant, les recherches se poursuivent. Dimanche, une trentaine de gendarmes ont ratissé le secteur autour du domicile de l'enfant avec "l'espoir de le retrouver vivant". "On procède à des vérifications sur des endroits où on est déjà passés, notamment des hangars", a expliqué le lieutenant-colonel Pascal Palayer. De nombreuses personnes ont été auditionnées, et plusieurs lieux d'Issoire perquisitionnés, dont un appartement fouillé par les gendarmes en présence de la mère d'Antoine et de son compagnon. Selon des témoins, un camion appartenant au patron du restaurant a en outre été fouillé, et des prélèvements y ont été effectués.
D'après agence
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