Prise d'otage en cours à Fleury-Mérogis

le 01 septembre 2008 à 17h19 , mis à jour le 01 septembre 2008 à 22h13

Un détenu retient en otage depuis lundi midi un psychologue à la prison de Fleury-Mérogis, en Essonne. Le GIGN est sur place.

prison détenu prisonniers rétention © TF1/LCI

LCI picto cliquez regardez
Les premières précisions
 

Un détenu retenait en otage lundi depuis 11h30 un psychologue à la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis (Essonne), a indiqué la gendarmerie et de source syndicale. Des négociateurs du GIGN ont été envoyés sur place. Le preneur d'otage, un homme d'une trentaine d'années, est "condamné à 15 ans de réclusion criminelle pour viol avec arme en mars 2006 par la cour d'assises d'Eure-et-Loir". La prise d'otage se poursuivait en début de soirée dans une coursive du service médico-psychologique de l'établissement. Le fait qu'il soit au milieu de la coursive rend difficile une éventuelle intervention, a relevé le secrétaire général adjoint du syndicat FO-Pénitentiaire.

Le détenu était venu dans la matinée en consultation en salle de soins d'où il a fait sortir le psychologue, un homme d'une cinquantaine d'années, pour ensuite le retenir en otage en exprimant "des revendications assez confuses", d'après le procureur de la République d'Evry. "Il est très menaçant et très déterminé", a précisé la gendarmerie. Il aurait même en permanence son arme pointée sur la gorge de son otage. Car le détenu, au "profil psychologique dur", est en "possession d'une arme consistant en une lame avec un manche de fabrication artisanale", a poursuivi le procureur. "Une sorte de poinçon", selon le syndicat FO-Pénitentiaire.

La soeur du preneur d'otage serait sur place afin de tenter de le raisonner. Les gendarmes parlent avec le détenu grâce à un téléphone mural. Ses revendications sont floues et seraient même changeantes. Il aurait ainsi demandé dans un premier temps de changer d'établissement puis une voiture.

"Il n'avait plus rien à faire en maison d'arrêt"
 
L'atmosphère était relativement tendue dans la maison d'arrêt où les détenus manifestaient bruyamment leur mauvaise humeur après l'annulation des promenades, le report des parloirs et le retard dans la distribution des repas. Détenu depuis mars 2006 à Chartres, le preneur d'otage avait été transféré en février 2008 à Fleury-Mérogis, quelques jours après sa condamnation à 15 ans de réclusion criminelle --dont 10 ans de période de sûreté-- pour viol avec arme par la cour d'assises d'Eure-et-Loir, selon un autre syndicat de surveillants, l'Ufap (majoritaire).

D'après Frédéric Parmentier, secrétaire de ce syndicat à Fleury, le détenu "était déjà connu des services médicaux pour ses antécédents psychologiques et n'avait plus rien à faire en maison d'arrêt". "Il aurait été mieux traité dans un établissement spécialisé", a déploré M. Parmentier. Une maison d'arrêt ne doit en théorie recevoir que les prévenus (détenus en attente de jugement) ainsi que les condamnés dont le reliquat de peine n'excède pas un an lors de leur condamnation définitive.
 
Dati mardi sur place
 
La dernière prise d'otage à Fleury-Mérogis, une des plus grandes prisons d'Europe, touchée par la surpopulation, remonte à plus de 23 ans. Le 5 mai 1985 des dizaines de détenus avaient retenu un surveillant et jeté dans la cour des matelas enflammés jusqu'à l'intervention des forces de l'ordre, quelques heures plus tard. Construite sur un terrain de 180 hectares dans les années 60 et d'une capacité de 2.855 places, le centre pénitentiaire comprend une maison d'arrêt pour hommes, un établissement pour jeunes adultes de 18 à 21 ans et une maison d'arrêt pour femmes.
 
Fleury-Mérogis abrite également un quartier pour mineurs dans lequel la ministre de la Justice, Rachida Dati, doit se rendre mardi pour marquer la rentrée scolaire en milieu carcéral. Une maison d'arrêt reçoit les prévenus (détenus en attente de jugement) ainsi que les condamnés dont le reliquat de peine n'excède pas, en principe, un an lors de leur condamnation définitive. Au total, l'établissement hébergerait actuellement 3.900 détenus, selon Frédéric Parmentier. 

La prise en charge des détenus souffrant de troubles psychiatriques dépend du ministère de la Santé. Elle repose sur des consultations en détention par des psychiatres ou, pour ceux les plus atteints, et avec leur consentement, dans les Services médico-psychologiques régionaux (SMPR) qui sont au nombre de 26 pour quelque 200 prisons.

(D'après agence)

le 01 septembre 2008 à 17:19
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

       Chargement en cours...
      • Le grand quiz de l'info
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        Nous recommandons
        logAudience