Tombes profanées: deux jeunes écroués

le 10 septembre 2008 à 12h03 , mis à jour le 11 septembre 2008 à 10h02

Revendiquant des idées proches du néonazisme, ils ont été mis en examen mercredi pour la profanation en avril de 148 tombes musulmanes près d'Arras

cimetière profanation arrasLe cimetière militaire Notre-Dame-de-Lorette d'Ablain-Saint-Nazaire près d'Arras, profané dans la nuit du 5 au 6 avril 2008 © TF1/LCI

Deux jeunes majeurs de la mouvance néonazie, dont l'un déjà condamné pour des faits similaires, ont été mis en examen mercredi pour la profanation en avril de 148 tombes musulmanes près d'Arras, a annoncé le procureur de Béthune. Les deux hommes d'une vingtaine d'années ont été écroués tard dans la soirée. Ils ont été mis en examen pour violation ou profanation de sépulture en raison de l'appartenance à une race ou une religion et pour dégradation de biens appartenant à autrui en réunion, a précisé Brigitte Lamy.

Huit autres jeunes, dont deux jeunes filles et deux mineurs, interpellés mardi avec eux dans le Pas-de-Calais, ont été libérés, a précisé à l'AFP Brigitte Lamy, procureur de la République de Béthune. Les 148 tombes musulmanes du cimetière militaire Notre-Dame-de-Lorette avaient été profanées dans la nuit du 5 au 6 avril 2008. Elles étaient recouvertes d'inscriptions injurieuses visant directement l'islam et insultant gravement la garde des Sceaux Rachida Dati. Une tête de porc avait été pendue à l'une des tombes.
 
Ils n'ont pas reconnu les faits
 
Les deux mis en examen "n'appartiennent visiblement pas à un quelconque mouvement organisé, mais ils revendiquent tous deux des idées proches du néonazisme", a déclaré Mme Lamy, qui a précisé qu'ils n'avaient pas reconnu les faits. Les enquêteurs poursuivent leurs investigations et n'excluent pas que d'autres personnes soient impliquées dans la profanation.
 
L'un des deux jeunes avait déjà été condamné en mai 2007 à 2 ans de prison, dont un ferme pour la profanation en avril 2007 de 52 tombes musulmanes du même cimetière. Dans cette affaire, un autre jeune homme avait écopé de la même peine, et un mineur d'une condamnation plus légère. Les trois condamnés avaient bénéficié d'une libération anticipée. Au cours de son sursis mise à l'épreuve, celui mis en examen mercredi avait retrouvé du travail dans une société d'intérim lilloise, a précisé Mme Lamy. L'autre jeune mis en cause mercredi est un militaire de carrière incorporé au régiment de commandement et de soutien de Douai. Il avait déjà été condamné pour des faits de violences, mais sans caractère raciste ou antisémite. 

(D'après agence)

le 10 septembre 2008 à 12:03
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