Jean-Hugues Bourgeois, 29 ans, éleveur biologique de Teilhet, dans le Puy-de-Dôme, sujet à des menaces de mort pour le pousser à quitter la région © TF1-LCIOn a déjà abattu ses chèvres, détruit ses clôtures, incendié sa voiture, envoyé des menaces de viol sur sa fille de 8 ans et de mort sur sa famille s'il ne quitte pas la région avant le 1er décembre... L'incendie qui a entièrement détruit dans la nuit de vendredi à samedi la grange de Jean-Hugues Bourgeois, 29 ans, jeune éleveur biologique de Teilhet, dans le Puy-de-Dôme, sujet à des menaces de mort pour le pousser à quitter la région, est selon lui d'origine suspecte.
Depuis avril, plus une semaine ne passe sans intimidations. Ses tatouages, son agriculture biologique, peut-être sa jeunesse, son expension et sa réussite certainement, ne plaisent pas. Cette fois donc, un incendie. "J'ai pas de doute que c'est criminel, mais si je savais qui a fait ça, j'ai bien des doutes", a-t-il déclaré. "J'ai perdu tout ce que j'avais. C'est considérable ! Ma grange de 250 m2, 35 tonnes de foin, un tracteur, 10 tonnes de grains, c'est un préjudice phénoménal et un an de travail", a dit le jeune éleveur, venu s'installer dans la région des Combrailles en janvier 2007, pour y élever des chèvres et des moutons dans une exploitation biologique. Bien qu'il n'ait "pas dormi depuis l'incendie", Jean-Hugues Bourgeois assure n'a qu'il toujours "pas envie de partir".
"Si c'est accidentel, c'est une malencontreuse coïncidence"
"Cet incendie est un élément de plus dans le dossier, mais il reste à prouver ou à démontrer qui a fait quoi et il faut être méfiant", a déclaré dimanche matin le lieutenant-colonel Pascal Palayer, officier de communication à la région de gendarmerie Auvergne. "Il faut se méfier quand on évoque des hypothèses criminelles", a-t-il ajouté. "Si c'est accidentel, c'est une malencontreuse coïncidence et si c'est criminel, c'est un acharnement envers lui et sa famille", a affirmé pour sa part le maire du Teilhet, Bernard Duverger. "On est outrés de tels actes", a-t-il dit. Des techniciens de l'investigation judiciaire ont effectué des prélèvements sur le lieu du sinistre, samedi et dimanche matin, a déclaré le maire. "On ne sait pas pour l'instant si c'est accidentel ou criminel", a ajouté Bernard Duverger. Il a évoqué l'hypothèse d'un "cours-circuit sur l'installation électrique ou au niveau du tracteur" ou encore "le fourrage qui fermente". Mais tant qu'on ne connaît pas l'origine du sinistre, "il faut rester calme et serein", a-t-il dit.
Fin mars, son troupeau de chèvres avait été tué au pistolet d'abattage, mi-août une petite grange où il entreposait du foin avait été détruite dans un incendie volontaire. Fin août, il avait reçu une lettre en forme de cercueil contenant des menaces de viol et de mort contre sa fille de 8 ans et contre sa mère. Il avait même envoyé sa fille faire sa rentrée scolaire ailleurs. Le 4 septembre, le procureur de la République de Riom a ouvert une information judiciaire pour "destruction de bien par incendie et menace de mort" en raison notamment de la "montée en puissance dans la gravité des faits", selon une source judiciaire. Le ou les auteurs de ces menaces risquent 45.000 euros d'amende.
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