Eleveur persécuté : sa grange détruite par un feu suspect

Par D.H. (avec agence), le 05 octobre 2008 à 14h48 , mis à jour le 05 octobre 2008 à 22h09

Un incendie, qui pourrait être la dernière d'une longue série d'intimidations contre le jeune éleveur biologique de Teilhet pour le faire quitter la région, a réduit sa grange en poussière samedi.

Jean-Hugues Bourgeois éleveur puy-de-dôme TeilhetJean-Hugues Bourgeois, 29 ans, éleveur biologique de Teilhet, dans le Puy-de-Dôme, sujet à des menaces de mort pour le pousser à quitter la région © TF1-LCI

On a déjà abattu ses chèvres, détruit ses clôtures, incendié sa voiture, envoyé des menaces de viol sur sa fille de 8 ans et de mort sur sa famille s'il ne quitte pas la région avant le 1er décembre... L'incendie qui a entièrement détruit dans la nuit de vendredi à samedi la grange de Jean-Hugues Bourgeois, 29 ans, jeune éleveur biologique de Teilhet, dans le Puy-de-Dôme, sujet à des menaces de mort pour le pousser à quitter la région, est selon lui d'origine suspecte.
 
Depuis avril, plus une semaine ne passe sans intimidations. Ses tatouages, son agriculture biologique, peut-être sa jeunesse, son expension et sa réussite certainement, ne plaisent pas. Cette fois donc, un incendie. "J'ai pas de doute que c'est criminel, mais si je savais qui a fait ça, j'ai bien des doutes", a-t-il déclaré. "J'ai perdu tout ce que j'avais. C'est considérable ! Ma grange de 250 m2, 35 tonnes de foin, un tracteur, 10 tonnes de grains, c'est un préjudice phénoménal et un an de travail", a dit le jeune éleveur, venu s'installer dans la région des Combrailles en janvier 2007, pour y élever des chèvres et des moutons dans une exploitation biologique. Bien qu'il n'ait "pas dormi depuis l'incendie", Jean-Hugues Bourgeois assure n'a qu'il toujours "pas envie de partir".

"Si c'est accidentel, c'est une malencontreuse coïncidence"
 
"Cet incendie est un élément de plus dans le dossier, mais il reste à prouver ou à démontrer qui a fait quoi et il faut être méfiant", a déclaré dimanche matin le lieutenant-colonel Pascal Palayer, officier de communication à la région de gendarmerie Auvergne. "Il faut se méfier quand on évoque des hypothèses criminelles", a-t-il ajouté. "Si c'est accidentel, c'est une malencontreuse coïncidence et si c'est criminel, c'est un acharnement envers lui et sa famille", a affirmé pour sa part le maire du Teilhet, Bernard Duverger. "On est outrés de tels actes", a-t-il dit. Des techniciens de l'investigation judiciaire ont effectué des prélèvements sur le lieu du sinistre, samedi et dimanche matin, a déclaré le maire. "On ne sait pas pour l'instant si c'est accidentel ou criminel", a ajouté Bernard  Duverger. Il a évoqué l'hypothèse d'un "cours-circuit sur l'installation électrique ou au niveau du tracteur" ou encore "le fourrage qui fermente". Mais tant qu'on ne connaît pas l'origine du sinistre, "il faut rester calme et serein", a-t-il dit.
 
Fin mars, son troupeau de chèvres avait été tué au pistolet d'abattage, mi-août une petite grange où il entreposait du foin avait été détruite dans un incendie volontaire. Fin août, il avait reçu une lettre en forme de cercueil contenant des menaces de viol et de mort contre sa fille de 8 ans et contre sa mère. Il avait même envoyé sa fille faire sa rentrée scolaire ailleurs. Le 4 septembre, le procureur de la République de Riom a ouvert une information judiciaire pour "destruction de bien par incendie et menace de mort" en raison notamment de la "montée en puissance dans la gravité des faits", selon une source judiciaire. Le ou les auteurs de ces menaces risquent 45.000 euros d'amende.

Par D.H. (avec agence) le 05 octobre 2008 à 14:48
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

4 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Yann, le 05/10/2008 à 16h04

    Il est gentil le maire mais dans ce genre de petit village où tout le monde se connaît, il ferait mieux de dennoncer les auteurs de ces actes plutot que de montrer une certaine compassion en public... Ces meme gens vont pleurer la mort des villages de campagnes, la disparition des services publiques ou des écoles dans ces villages, le dépeuplement. Et quand une jeune famille vient s'installer dans ces trous pourris, ils font tout pour qu'elle parte. Qu'ils restent entre eux et qu'ils crevent entres eux, dans quelques années on entendra plus parler de ce village car il sera mort, mais il y aura encore des imbéciles pour regretter la disparition de ce genre de village...

  • Nossim, le 05/10/2008 à 15h52

    Honte a la justice française on met les gros moyens pour résoudre des affaires insignifiantes qui impliquent les enfants des ministres et président (rappelez vous l'ADN sur le scooter) et par contre on ne fait rien pour cette affaire. Celui ou ceux qui font ça doivent aller en prison et qu'on leur saisissent tous leurs biens que cela donne un exemple.

  • Révolution Joyeuse, le 05/10/2008 à 15h43

    Je suis de tout coeur avec le jeune agriculteur bio ! Bien sur, il faut confirmer si l'incendie était bien volontaire avant de s'acharner sur les nuisibles qui ont commis l'acte. Je ne comprends pas comment, de nos jours, on peut être aussi intolérants façe à la différence, 300 après Voltaire qui s'est sacrifié à combattre tout les jugements de valeurs infondés etc... Eduquons nous... pour le bien de notre population humaine !

  • Bertrand, le 05/10/2008 à 15h21

    Il lui en faut, du courage, pour tenir bon ! Je souhaite de tout coeur que bientôt le "mystère" soit éclairci et les coupables arrêtés et dûment châtiés.

Lire tous les commentaires

       Chargement en cours...
      • Le grand quiz de l'info
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        Nous recommandons
        logAudience