L'urgentiste de Valence ne sera pas poursuivi

le 06 octobre 2008 à 07h16 , mis à jour le 06 octobre 2008 à 22h33

Mis en cause après la mort d'une octogénaire, il a été laissé libre dimanche soir, le juge ayant estimé qu'il n'existait pas de raisons suffisantes de le mettre en examen.

commissariat Valence DrômeLe commissariat de Valence © LCI

Dimanche après-midi, le parquet de Valence avait ouvert une information judiciaire pour "homicide volontaire" à l'encontre d'un médecin du Samu 26 qui était intervenu le 27 septembre dans un salon de coiffure de Valence, où une cliente âgée de 80 ans venait d'être victime d'un malaise cardiaque. Et le procureur de la République de Valence avait requis son placement sous "un strict contrôle judiciaire, lui interdisant de pratiquer sa profession". Mais en cours de soirée, revirement judiciaire : on apprenait, par l'avocat du médecin, que le praticien était ressorti libre de son audition.

"Après avoir auditionné mon client, le juge a estimé qu'il n'existait pas suffisamment de raisons de le mettre en examen et l'a laissé sortir libre du tribunal", déclarait ainsi dimanche soir Me Philippe Chasteau. Tout en précisant : "Mon client a néanmoins demandé à bénéficier du statut de témoin assisté afin d'avoir accès au dossier".

"Elle était déjà morte"

Placé en garde à vue samedi matin, le médecin avait été arrêté à la suite d'un rapport du directeur de l'hôpital de Valence faisant état de "gestes tout à fait bizarres au regard de la pratique médicale normale", avait annoncé le procureur. Si le magistrat s'était refusé à fournir plus de précision, des témoins avaient souligné notamment le fait que l'urgentiste semblait avoir mis la main sur la bouche de la patiente, et ce à plusieurs reprises - des gestes qui pouvaient ressembler à une tentative d'étouffement.

Après explication, il s'est avéré, selon l'avocat du médecin, que ce dernier n'avait fait que "refermer la mâchoire d'une personne déjà morte". Me Philippe Chasteau a ainsi détaillé lundi : "Après une demi-heure de réanimation, le coeur de cette femme cardiaque de 88 ans n'avait toujours pas repris. Mon client et le médecin traitant de la victime ont décidé d'arrêter la réanimation et de la déclarer morte. Lorsque les appareils ont été retirés, la mâchoire de la victime a eu des mouvements réflexes, dits gasp, et mon client a fermé sa mâchoire par en-dessous". Soulignant que des témoins dont une infirmière avaient "pris ce geste pour une tentative d'étouffement", l'avocat a tenu à souligner : "Elle était morte au niveau cardiaque, ces mouvements ne signifient pas qu'elle essayait de respirer, ce sont des réflexes qui peuvent impressionner".  Selon le médecin traitant de la victime, qui a assité à la scène, le médecin urgentiste "a eu un comportement professionnel". "J'ai vu un jeune calme et responsable qui, confronté à une crise cardiaque, a fait ce qu'il devait faire et qui l'a fait jusqu'au bout. Il ne s'est pas arrêté tout de suite", a assuré le Dr Gilles Célérien.

D'après agence

le 06 octobre 2008 à 07:16
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