Un policier à Ajaccio le 4 octobre 2008. © TF1/LCIIls ont reçu des balles de fusil de chasse, ils savent que cela peut vite s'enflammer et tentent de prévenir. Les trois jeunes gens d'origine maghrébine, blessés vendredi soir à Ajaccio par des tirs au fusil de chasse (lire notre article), ont lancé samedi en fin d'après-midi un appel au calme dans un communiqué.
Alors que quelques dizaines de jeunes s'étaient massés après l'agression de vendredi soir, pour dénoncer des "insultes racistes incessantes ces dernières semaines". Et surtout alors qu'un groupe s'est introduit dans l'appartement d'un des tireurs présumés dans la nuit, pour y commettre des dégradations et jeter un papier enflammé dans la cuisine, déclenchant un début d'incendie rapidement stoppé. "Nous avons l'assurance des autorités publiques que la justice a déjà commencé son travail (...) Nous les victimes, nos parents, nos amis et les élus de la ville appelons toute la population et les jeunes en particulier à garder leur calme", chacun doit "faire un effort sur soi-même pour que le calme demeure dans notre quartier", disent-ils.
"Nous craignons des tensions de la part d'autres quartiers"
Le feuillet a été distribué lors d'une réunion organisée par l'association de quartier les Jardins de l'empereur à la cinquantaine de personnes présentes parmi lesquelles les parents et des proches des trois jeunes blessés ainsi que Simon Renucci, le maire d'Ajaccio et André Paccou, le représentant de la ligue droits de l'homme en Corse. Les trois victimes, âgées de 16 à 19 ans, inconnues des services de police avant l'agression, n'étaient pas présentes. Deux sont sorties de l'hôpital, le 3e adolescent, plus sérieusement touché à l'oeil, a été opéré dans la nuit.
"Nous craignons davantage des tensions de la part d'autres quartiers populaires de la ville", a confié à l'AFP un éducateur du service de prévention de la fédération des associations laïques et d'éducation permanente (Falep), précisant que Les Jardins de l'empereur "est un quartier plutôt calme où la cohabitation culturelle ne pose problème que de temps en temps notamment avec deux ou trois habitants".
Les deux gardés à vue nient
Cette agression a été condamnée "avec la plus grande fermeté" par la ministre de la Justice Rachida Dati. "Si le caractère raciste de l'agression est confirmé par l'enquête judiciaire, les dispositions du code pénal qui aggravent les condamnations en cas de racisme devront être rigoureusement appliquées", a-t-elle ajouté. Une enquête, confiée à la PJ d'Ajaccio, a été ouverte pour "tentatives de meurtre".
Samedi soir, deux personnes étaient toujours en garde à vue. Dans l'appratement de l'un d'eux, un homme de 44 ans qui niait samedi avoir participé aux faits, quatre fusils de chasse ainsi que des munitions ont été saisis. L'autre homme, âgé de 21 ans, niait également les faits.
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